10 juillet 2006
Qu’est-ce que la philosophie ?
J’ai toujours eu un faible pour la philosophie. Mais entre la «
facilité » que j’avais à lire les œuvres philosophiques, et les notes
calamiteuses que je pouvais récupérer lorsque j’étais au lycée, on ne
peut pas dire que cela a pu se transformer en réelle passion.
Je trouve cela dommage d’ailleurs, car philosopher, c’est avant tout
s’ouvrir au Monde et aux pensées autres que les nôtres, sur des sujets
aussi divers et variés que l’humanisme, la politique, l’économie, la
religion, la psychanalyse… Mais aussi la philosophie en elle-même.
Aussi, je me suis dit qu’il ne serait peut-être pas inintéressant de
parler un peu de philosophie, sans - bien entendu, entrer dans des
longs sujets autant abstraits qu’ennuyeux, mais plutôt en discutant sur
des sujets simples, accessibles à tous, et qui pourtant sont (ou
pourraient être) sources de grands débats philosophiques…
Paradoxalement, je vais commencer aujourd’hui avec un sujet des plus
difficiles de la philosophie – en ce sens que les philosophes
n’arrivent pas à se mettre d’accord dessus. Cependant, il est, selon
moi, la base de tout : si la définition de la philosophie d’un auteur
ne vous accroche pas, vous pouvez tout de suite arrêter de le lire,
parce que c’est son œuvre entière que vous n’accrocherez pas… Je pense
donc qu’il est important de commencer par cette question : Qu’est-ce
que la philosophie ?
La philosophie est pour moi une science. Comme toute science, elle a un
domaine d’étude – la pensée, et est à la recherche de quelque chose.
C’est sur l’objet de cette quête que les opinions des philosophes
divergent : certains affirment que la philosophie est à la recherche de
la sagesse, d’une morale, d’autres disent de la vérité, du sens de la
vie ou bien d’autres encore du salut (sérénité face au concept de la
mort, dont seul les êtres humains ont consciences).
Pour moi, sans pour autant entrer en contradiction avec ce qui a été
énoncé, c’est bien plus simple : la philosophie est à la recherche du
bonheur, du bien-être général comme de tout un chacun. En étudiant les
diverses pensées (du présent comme du passé), la philosophie essaye
tout simplement de trouver un moyen de nous faire vivre, de nous faire
profiter de notre vie, parce qu’on en a qu’une…
C’est en ce sens que j’aime la philosophie, et que je pense qu’elle est
très importante : à l’heure où tout se dirige vers les profits
immédiats, vers un certain « individualisme », la philosophie nous
apprend comment détourner les yeux de ce qui nous paraît important afin
de regarder au plus profond de nous ce qui est vraiment essentiel.
Certes, la société actuelle - avec cet individualisme, cette manière de
vivre au jour le jour de plus en plus matérialiste, c’est la
philosophie qui en est principalement la cause : à force de nous
conseiller de ne plus regarder ni vers le futur, ni vers le passé, mais
de profiter de l’instant présent, les philosophes ont amené ce courant
de pensée d’après-guerre qui tend à penser de manière égoïste, à ne
regarder que son bonheur, que son intérêt. Mais, est-ce un mal en soit
? Ce sont également les philosophes (j’entends par « philosophes » non
pas uniquement ceux qui ont pu écrire des livres, mais aussi tous ceux
qui ont réfléchi et pensé à une Morale, et donc contribué à faire
avancer la Pensée) qui ont amené la société telle que nous la
connaissons aujourd’hui, c’est la philosophie qui est à la base - par
exemple, des idées humanitaires qui ont donné naissance à la
déclaration des droits de l’Homme. Nous nous pensons malheureux dans la
société actuelle ? Mais qui serait prêt à retourner vivre comme au
début du siècle, avec tout ce que cela impliquerait ? Qui voudrait
revenir au temps de la guerre quotidienne, aux inégalités, aux
intolérances comme elles étaient - bien pires que ce qu’elles sont
aujourd’hui ?
Je suis d’accord que la société actuelle n’est pas parfaite (et je vous
dirais franchement : tant mieux !), mais c’est aussi pour cela que la
philosophie continue d’exister, de chercher… Sinon, elle serait resté «
bloquée » aux dernières déclarations de Freud, Marx, ou Nietzsche (entre
autres) : la philosophie est en quête du bonheur, et elle a largement
contribué à rendre la société meilleure au fil des siècles, mais elle
n’a pas encore totalement atteint son objectif ; elle ne l’atteindra
jamais si vous voulez mon opinion, car chaque pas en avant, chaque
avantage apporte son lot d’inconvénients – même s’ils restent moindres,
qu’il faut tenter de supprimer, encore et toujours (l’être humain
n’est-il pas, après tout, un grand insatisfait ?).
C’est pourquoi j’estime que la philosophie n’est pas à la recherche
d’un objectif « fini », mais est simplement en quête d’une vie
meilleure, et chaque auteur a tenté (et tente toujours) de faire de son
mieux, chacun en son temps.
C’est pourquoi j’estime également que nous devrions prendre exemple sur elle et
tenter de vivre nos vies du mieux que nous le pouvons, non pas en
mettant de côtés les espoirs et les souvenirs (ils ont leur
importance), mais en faisant en sorte qu’au crépuscule de notre vie,
nous puissions regarder en arrière et être satisfaits, fiers de nous,
en un mot : pouvoir se regarder dans une glace. Il est bien entendu que
cela comprend une part d’humanisme, mais aussi une part
d’individualisme (peut-être pas dans le sens égoïste, mais plutôt dans
le sens du cadre familial et proche) – afin de pouvoir profiter et se
faire plaisir. Mais ça, c’est un autre sujet.
Vos commentaires, opinions voire suggestions seront les bienvenus.
Commentaires
Le problème, dans la société actuelle, c’est que les gens ont mal interprété la phrase clé de la philosophie : « carpe diem » (profite du jour présent). Cela signifie, comme tu le dis fort bien, vie ta vie de telle manière que tu n’es rien à regretter. Mais certaines personnes l’interprètent comme fais ce que tu veux sans réfléchir aux conséquences, et donc sans regarder si cela nuit à quelqu’un. Comme tu le fais remarquer, les gens ont confondu individualisme et égoïsme. Et ce qui est fortement paradoxale dans notre société actuelle, c’est que les gens sont de plus en plus égoïstes (entre autre ils font du bruit jusqu’à tard le soir sans se soucier du voisinage) mais prône pour l’humanisme.
Pour ma part, la philosophie tend vers un état de sagesse, vers une certaine moralité, et il est clair que bon nombre d’entre nous auraient bien besoin de philosopher, car bien que nous ne soyons plus en état de guerre, il subsiste néanmoins des lieux de non droit, des révoltes dans des banlieues, des agressions gratuites … et de ce point de vue, la philosophie a encore beaucoup à nous apporter.
C'est amusant, c'est la première fois que je lis que la philo est une science... en dépit de mes notes calamiteuses en sciences (dures) au lycée, il me semble que cela ne ressemble pas trop à la philo, du moins dans mes souvenir :-)))
Pourtant, la philosophie est belle et bien considérée comme une science ; mais comme une science humaine (c’est-à-dire très inexacte), au même titre que la sociologie par exemple…
Mais c’est vrai que ça peut paraître étrange d’entendre parler de science pour quelque chose d’aussi abstrait que la philosophie, on a plus l’habitude d’entendre parler de science pour les domaines « scientifiques » (les sciences exactes, quoi ;-)…
Philo?
Pour ma part, la philosophie, c'est la science du sens. Elle a donc pour objectif de donner un sens a notre vie. C'est une science car comme pour les maths, on definit des axiomes de base et à partir de la, par raisonnement, on en deduit toutes les regles de vie. D'ou l'existence de différents courants de pensées.
Cette definition est a mon avis confirmée par l'histoire: a chaque fois que l'etre humain a dispose d'autres moyens de donner un sens a sa vie, il a oublié la philo. Aujourd'hui encore, les pays religieux oublient la philo, les autres la recherchent.
Re : Philo ?
Bonjour Mo, et bienvenu au salon.
Tu as tout à fait raison : philosopher, c’est aussi chercher un sens à notre vie. C’est d’ailleurs le reproche que je ferais aux philosophes matérialistes (matérialiste, non pas dans le sens « attaché aux objets » - non pas qu’il soit plus élogieux à mon avis ; mais plutôt dans le sens « opposé à l’idéalisme », qui rejette donc toute forme d’idole) : vivre au jour le jour et profiter de l’instant présent au mépris du passé et de l’avenir, c’est aussi - quelque part et selon moi, rejeter tout idéal, donc tout but, donc tout sens à la vie…
En ce qui concerne les religions, je ne suis pas expert en la question, mais je trouve logique que les pays religieux oublient la philosophie, puisque cette dernière a souvent été qualifiée de blasphématoire, et qu’elle entre en opposition directe avec la religion (invitant à penser par soi-même plutôt que de croire aveuglément aux idées établies).
Cependant, Il est vrai que les autres pays n’ont sont pas forcément plus avantagés…
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