Le grand salon de discussion

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20 avril 2007

Les professions de foi

Absent de la blogosphère depuis des mois, j’aurais aimé profiter de cette semaine de vacances qui vient de s’écouler (snif) pour vous préparer une petite surprise pour les élections présidentielles (du genre éplucher les programmes de certains candidats etc.). Malheureusement, faute de temps, j’ai du me contenter des douze professions de foi que j’ai reçu dans ma boîte aux lettres lundi… Voici ce que j’ai pu en retenir - sachant qu’il ne s’agit en aucun cas d’un résumé de chacune d’entre elles, et surtout que ce que j’en écris ne se base nullement sur les idées véhiculées, mais bien sur la forme. 

Celles qui m’ont déçues (de gauche à droite) :
Marie George Buffet : On ne pouvait que s’attendre à mieux de la part de celle qui représente le Parti Communiste Français (bien qu’elle ne se présente pas comme telle – cela doit faire plaisir à son propre parti) vu que le communisme est sensé être le système directement opposé au capitalisme, elle se fait au final voler la vedette par Olivier Besancenot (lire plus bas). Ce que j’ai cru comprendre au fur et à mesure que je lisais son tract, c’est : « Voter à gauche, c’est nous permettre plus on aura de voix au premier tour de négocier le plus de ministères possible si le PS est élu au second tour », ce que Mme Buffet n’a d’ailleurs pas exclu dans ses récentes déclarations… Décevant, donc. 

Ségolène Royal et Nicolas Sarkozy : Trop confiants par rapport aux sondages, ou bien au contraire peureux de perdre des précieuses voix lors de la dernière ligne droite de la campagne, j’ai trouvé que leurs professions de foi manquaient un peu de… passion. Chacun se contentant d’énumérer des idées basiques de gauche (pour l’une) et de droite (pour l’autre – à moins que ce ne soit l’inverse ?) qui ne peuvent que leur garantir le soutien des leurs, et un maximum de voix des indécis : du grand art dans le « ninisme » (objectif : se faire élire)… Où sont passés leur mordant habituel et leurs propositions controversées ? 

Jean-Marie Le Pen : Estimant (sans doute à juste titre) que son nom suffise à faire voter (ou pas) pour lui, M. Le Pen nous livre tout simplement la profession de foi la plus courte, se contentant de rappeler les évènements de 2002. On était justement en droit d’espérer qu’un parti présent au second tour de la précédente élection présidentielle énumère au moins l’essentiel de ses propositions… 

Celles qui m’ont emballées :
Olivier Besancenot (la palme !) : En voilà un qui n’a pas peur de ne pas faire de « ninisme » !
Si, selon François Mitterrand, Jean-Marie Le Pen est le véritable visage de la droite, permettez-moi de proposer M. Besancenot comme étant celui de la (vraie) gauche, il ne faut d’ailleurs pas s’étonner à mon avis de sa côte (par rapport à ses adversaires de gauche) dans certains sondages.
Il est le seul candidat d’extrême gauche (avec Arlette Laguiller, mais celle-ci se rattrape par une flatterie dans le paragraphe qui suit) à s’opposer directement au système capitaliste, y compris celui de Mme Royal ; et surtout à ne pas avoir peur de se mouiller en proposant ses idées : interdire les licenciements, passer aux 32 heures (!), multiplier par dix l’impôt sur la fortune etc. : on ne peut pas dire que son programme tente de séduire tout le monde !
Si tous les candidats faisaient comme lui, je pense qu’on y verrait plus clair, et qu’il y aurait nettement moins d’indécis… 

Philippe de Villiers : Ses déclarations on ne peut plus « pertinentes » lui avaient déjà valu d’être une cible du jour au salon, mais il faut croire que M. de Villiers s’est bien entouré pour écrire sa profession de foi : en se basant sur ses résultats plutôt que sur des promesses en exposant le moins possible ses idées pour le moins inquiétantes, je dois dire qu’il marque un sacré bon point ! 

Les autres :
Pas moins de six candidats (la moitié du total) à gauche du Parti Socialiste qui proposent – à mon appréciation, pratiquement tous la même chose (Smic à 1500 euros net, augmentation des salaires de 300 euros etc.) : de quoi se demander s’ils ne se sont pas consultés les uns les autres avant de proposer… Je ne suis pas un spécialiste de l’extrême gauche, mais je veux bien que quelqu’un m’explique pourquoi ils ne se sont pas mis d’accord pour ne présenter qu’un seul candidat, si ce n’est une question d’ambitions personnelles.
A noter que selon moi deux sortes du lot : Gérard Schivardi - qui proposent carrément de revenir sur les accords de Maastricht et de sortir de l’Europe ; et José Bové - qui n’appartient à aucun parti politique, ce qui peut le rendre un peu plus crédible, d’autant que son programme englobe l’ensemble de ce que proposent les autres, et qu’il est soutenu par Renaud – ce qui ne pouvait me laisser indifférent ;-)
Restent Frédéric Nihous, dont seuls voteront pour lui ceux qui sont visés par ses propositions sur la chasse et la pêche ; et François Bayrou, dont l’idée de dépasser le clivage gauche droite me séduit plutôt pas mal lorsqu’il s’agit des éternelles disputes dignes d’adolescents, mais beaucoup moins lorsqu’il s’agit de politique sérieuse : non seulement le clivage est impossible à effacer, mais en plus je l’estime nécessaire pour faire avancer le pays (il ne manquerait plus que l’on devienne tous d’accords les uns avec les autres : plus de débats, quel ennui ! ;-). 

N’oubliez pas que dimanche c’est le grand jour !
La consigne du salon ? Allez voter (c’est une chance que nous avons) ! Et voter selon votre cœur (en tout cas au premier tour ;-) : c’est ce qui permettra d’indiquer à notre prochain gouvernement la tendance (qu’elle soit de droite ou de gauche) que nous voulons qu’il prenne pour ces cinq prochaines années.

Posté par Bastogi à 20:01 - Commentaires [1] - Permalien [#]

Commentaires

    ravi de te revoir:
    aujourd'hui que les resultats sont tombés, ta prsence pr faie batre sarko est indispensable!

    Posté par roi bourdieusien, 23 avril 2007 à 14:20

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