Le grand salon de discussion

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29 juin 2007

Laurent Fabius vit au dessus des « petites querelles » (?)

A l’instar de Dominique Strauss-Kahn quelques jours avant lui (qui avait déclaré que « passer deux heures pour savoir où on va mettre la virgule sur un communiqué que personne ne lira » ne l’amusait plus – à noter que cela l’a donc amusé un certain temps ;-), Laurent Fabius a annoncé son prochain départ du Bureau National du PS afin de laisser la place aux jeunes.

Mettant de côté que ce n’était pas sa position lors des primaires socialistes de l’automne dernier, l’ancien Premier ministre préfère déclarer qu’il est « très frappé par l’atmosphère extrêmement négative, les rivalités […] Je voudrais ne pas être trop mêlé aux histoires picrocholines, aux petites querelles. Je voudrais réfléchir à des sujets plus intéressants ».
Certifiant qu’il ne pense pas à 2012 (« J’ai rencontré beaucoup de monde pendant ces campagnes. Personne ne m’a parlé de 2012 », M. Fabius rejette l’idée d’une alliance et d’une conversion du Parti Socialiste à la sociale démocratie (prônée par M. Strauss-Kahn), et estime que les valeurs du socialisme actuel sont parfaitement cohérentes avec le monde qui vient (exit la rénovation dans ce cas ?) : « Laïcité contre clash des civilisations, solidarité contre inégalités, développement durable contre pollution, internationalisme contre repli identitaire ».
Tout ceci est loin d’être dénué de sens, et serait même presque alléchant pour relancer une opposition constructive.
Presque.
En effet, il faut croire que se placer au dessus des disputes du Parti tout en les alimentant discrètement est à la mode en ce moment : après Jack Lang (cf. le post du Chafouin) qui affirme que « Le PS doit s'abstenir de toute querelle » avant de se demander « Pourquoi avons-nous perdu une élection qui normalement aurait dû être gagnée ? », rappelons que Laurent Fabius - il n’y a pas si longtemps que ça, avait parlé du « triple déficit de présidentialité, crédibilité, collégialité » de Ségolène Royal (en réponse, il faut bien le dire, à cette dernière qui venait de déclarer que le SMIC à 1500€ - idée chère à M. Fabius, n’était pas crédible)…

Pour la petite histoire, François Rebsamen a répondu jeudi à l’ancien Premier ministre en dénonçant « les procès en crédibilité qui sont une injure faite à 17 millions d’électeurs (bien que nous avons déjà vu que ceux-ci avaient voter à 42% comme un dernier rempart contre Nicolas Sarkozy), les procès en présidentialité qui ne sont que l’expression de l’amertume personnelle […] créée par le choix des 250000 militants socialistes, et enfin les procès en collégialité difficiles à admettre venant de ceux qui se sont affranchis de nos règles collectives ».
Cela crédibilise-t-il mieux Mme Royal que ce que ça ne descend Laurent Fabius ? Le débat est lancé… Toujours est-il que nous sommes en droit de nous demander quand un socialiste prétendant être un sage (rien que ça) va-t-il réellement se comporter comme tel ?

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22 juin 2007

John Locke (1632-1704)

LockeFigurez-vous que (le vrai) John Locke fut un philosophe anglais du siècle des Lumières !
Il était adepte de la philosophie empiriste qui, en opposition avec l’innéisme des rationalistes, plaçait l’expérience au commencement de toute chose.
Au sujet de cet « affrontement » entre empiristes et rationalistes, l’on apprendra après la mort de Locke que les empiristes avaient finalement "raison", grâce au problème de Molyneux : en 1730, lorsqu’un aveugle de naissance fut opéré avec succès, il ne pu distinguer par la seule vue le cube de la sphère, infirmant ainsi ce que pensaient les rationalistes (persuadés que les divers sens étaient connectés les uns aux autres). 

John Locke distinguait deux sortes d’idées : les simples et les complexes. Je n’entrerais pas ici dans un long discours selon moi parfaitement abstrait, mais prendrais plutôt un exemple qui permettra de rapidement saisir le concept de Locke : il distinguait l’homicide (tuer un homme), le meurtre (tuer volontairement un homme), et l’assassinat (tuer volontairement et avec préméditation un homme)… Cette distinction ne serait pas sans nous rappeler curieusement notre système judiciaire actuel.
Plus concrètement et dans un sens politique, Locke sera à l’origine d’un concept de distinction des pouvoirs et, de par ses idées - à l’époque peu communes (seul Spinoza avant lui avait soutenu la démocratie), inspira de nombreux noms comme celui de Montesquieu ou de Rousseau, ainsi que la Déclaration des droits américains. 

Les idées de John Locke ont fait de lui le père du libéralisme, notamment celui du modèle anglo-saxon : selon lui, la vie, la liberté et la propriété sont des droits naturels que l’Etat doit garantir en sanctionnant les violations ; il considèrera la tolérance religieuse et la propriété - qu’il justifiera par le travail, et estimera que l’individu doit renoncer à l’idée de se faire justice lui-même puisque le bien commun doit être assuré par les lois de l’Etat.
De plus, en soutenant que lorsque les droits naturels (devant être garantis par le souverain) sont transgressés, le peuple a le droit de se révolter ; il inspirera la révolution de 1688 et les bases de la démocratie anglaise.
Voici – à mon sens, un sacré grand nom de la philosophie dont on ne nous parle guère (malheureusement) au lycée, certainement parce que non Français… 

Mais alors, quel est le lien me demanderez-vous avec le John Locke de la série « Lost » qui apparaît en photo en haut de cette chronique ? Eh bien, je dois dire que je ne vois pas grand-chose, peut-être en apprendrons-nous plus en regardant la troisième saison ?
En attendant, je laisse aux spécialistes et aux décrypteurs (notamment ceux qui ont lu « Le guide officiel ») de cette série le soin d’éventuellement nous expliquer ce qu’ils ont pu comprendre ;-)
Toujours est-il que j’ai trouvé la ressemblance des idées de ce philosophe avec notre société actuelle plutôt intéressante, surtout lorsque l’on regarde que ces idées sont apparues au XVIIIe siècle… 

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15 juin 2007

Mai 68, l’héritage impossible – Jean-Pierre Le Goff (La découvertes/Poche)

Mai_68« Mai 68 est sans contexte l’évènement social et culturel le plus important qu’ait connu la société française depuis 1945. Et pourtant, près de quarante ans après, il est toujours loin d’être assumé en tant que tel ». En effet, comment contester que Mai 68 ait encore une place des plus spéciales au sein de notre société ? Personne n’a-t-il jamais entendu les syndicats menacer d’un nouveau Mai 68 ? Les gouvernements parler de Grenelle ? La Droite vouloir combattre les idées de Mai ? La Gauche vouloir les perpétrer ? C’est en en partant de ce constat que Jean-Pierre Le Goff a décidé en écrivant ce livre de contribuer à faire « assumer enfin de façon critique l’héritage de Mai »…

Première remarque, l’auteur est un philosophe de formation et sociologue, et autant dire que cela s’en ressent dans son récit : il privilégie en effet le côté sociologique sur le côté historique des faits. Aussi, je vous conseille vivement de bien connaître votre sujet avant de vous lancer dans la lecture de cet essai.
M. Le Goff commence donc son livre en relatant les évènements de Mai 68, leurs causes et leur idéologie. Il nous explique ainsi que les soixante-huitards étaient des étudiants en manque de militantisme (dû en grande partie à un ennui profond), qui ont réussi à entraîner leurs jeunes collègues dans une contestation anarchique et joviale de la société contemporaine.
Planaient alors un fort rejet de tout engagement politique (ou syndical – rappelons que les accords de Grenelle négocié par la CGT seront rejetés par les manifestants), ainsi qu’un pacifisme profond, qui ne fut hélas pas respecté par tous : si la répression des forces de l’ordre sur les manifestants a attiré la sympathie de l’opinion publique envers les jeunes, la violence grandissante de ces derniers finît par retourner les choses contre eux, et c’est largement que le Parti du Général De Gaulle remporta les élections anticipées qu’il avait demandé…
C’est ainsi que la deuxième partie de se livre est consacrée à la politisation de ce mouvement, suite au fait que certains « enragés » comprirent qu’ils ne pourraient amener la révolution sans l’aide de la classe ouvrière. L’auteur nous décrit donc les divers courants d’extrême gauche (trotskiste, marxiste-léniniste et maoïste pour les plus répandus), sa flambée et son implosion, avec un petit chapitre sympathique dédié à la naissance du quotidien Libération.
Malheureusement pour la Gauche, une grande partie des ouvriers (lorsqu’ils ne sont pas dans la crainte d’être abandonnés du jour au lendemain par ces étudiants plein de fougue) se complait dans le système capitaliste de l’époque, en tout cas suffisamment pour ne pas vouloir risquer de faire une révolution.
La troisième partie traite d’une contre-culture naissante qui lancera bien des courants de pensée qui seront toujours d’actualité aujourd’hui : l’apprentissage, le féminisme, l’écologie etc. C’est d’ailleurs en partie ces mouvements (qui prennent de plus en plus d’ampleur) qui seront à l’origine d’un certain déclin des idées communistes pures et dures. Jean-Pierre Le Goff n’hésite pas à nous citer quelques exemples où la théorie suivie et poussée à l’extrême (notamment pour le féminisme, qui en vient à proclamer les bienfaits d’être lesbiennes plutôt qu’hétérosexuelles – plus par conviction que par sentiment, et parfois à assassiner ses propres enfants handicapés considérés comme des entraves à leur liberté) peut devenir dangereuse.
C’est la publication en France de certains ouvrages dénonçant le Communisme (les goulags, les déportations etc.) qui verra à jamais disparaître le fort mouvement de sympathie concernant la Gauche et ses idées révolutionnaires. Certains « nouveaux philosophes » - dont Bernard-Henri Lévy (sur lequel l’auteur ne mâche pas ses mots – un régal ! ;-) se faisant, après avoir soutenue les idées marxiste, les grands dénonciateurs de ce système et ont ainsi créer – selon M. Le Goff « l’ère du vide » que la France a traversé dans les années qui suivirent…
Vient ensuite la, ou plutôt les conclusions de l’auteur dans lesquelles il nous réaffirme (entre autres) que « Le gauchisme a voulu concrétiser jusqu’au bout l’utopie de la Commune étudiante et en a montré l’impossible réalisation » ; que de nos jours encore Mai 68 a du mal à sortir d’un schématisme qui en fait un bouc émissaire ou bien au contraire « le précurseur d’une libération des mœurs et de la culture qui triomphe aujourd’hui » et, pour terminer, que cela rend l’héritage de Mai impossible car « C’est hors de ce champ qu’un renouveau de la politique et de la culture est possible ».

Il est bien entendu que je n’ai retracé ici que les grandes lignes que j’ai pu retenir de la lecture de ce livre, et qu’il mériterait bien plus de place si l’on voulait en décrire tout ce qu’il contient (bien que les commentaires restent évidemment ouverts aux éventuels débats) car, comme l’affirmera Télérama « C’est un gros pavé sur Mai 68. (Et un sacré pavé dans la mare !) », rempli de références aux écrits de l’époque qui le rendent certes difficile à aborder, mais qui – je peux vous l’assurer, est vraiment très intéressant et instructif à lire.

Posté par Bastogi à 19:31 - Bibliothèque - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

08 juin 2007

Mais qu’attend le PS ?

Le Parti Socialiste est un grand, un très grand parti. Pour ceux qui en douteraient encore et le voyaient plutôt moribond, je les invite à regarder les résultats de l’élection présidentielle (ne serait-ce que du premier tour), ou les intentions de vote pour les prochaines législatives.
Cependant, il ne faut pas se leurrer, il n’est pas au sommet de sa forme. Il vient de perdre sa troisième élection présidentielle d‘affilée, et il - ou plutôt certains de ses représentants prennent plaisir à l’autocritiquer afin de se poser comme candidat naturel d’ici cinq ans…

Pourtant, nous avons vu que ces incessantes querelles ne font - plutôt que de l’en sortir, qu’enfoncer un peu plus le PS dans la situation actuelle.
Personnellement, j’estime que le PS n’est pas sur une mauvaise dynamique, en tout cas pas depuis douze ans. En effet, il a gagné des élections après chacune de ses déroutes présidentielles (même s’il ne s’agissait surtout que d’un vote sanction envers l’autre partie), et focaliser sur ces dernières n’est pas la bonne méthode. Selon moi (bien que le débat reste évidemment ouvert), si le Parti Socialiste n’a pas su tirer profit du rejet par l’opinion publique de la droite (rappelons que malgré ce qu’a pu promettre Nicolas Sarkozy, le nouveau gouvernement n’est rien de plus que la continuité du précédent), c’est parce qu’il n’a pas proposé de réelles alternatives face aux propositions de l’UMP. Bien au contraire, il a parfois légitimé celles-ci (notamment et entre autres sur l’immigration - « choisie » selon l’UMP, « partagée » selon les socialistes – mais qui autant l’une que l’autre refusent les régulations massives).
L’UMP a récupéré les voix des ouvriers en promettant de revaloriser la valeur du travail ? C’est au PS (qui en tant qu’opposition n’aura pas la plus mauvaise place pour observer et critiquer) de proposer autre chose ; quelque chose de mieux ; de différent ; et qui séduira à nouveau les Français.

Ségolène Royal est loin d’être parfaite. Comme tout être humain. Et d’autant plus comme tout Homme politique de la nouvelle génération (surmédiatisée) qui ne cesse de faire parler d’elle. Elle n’est pas pour autant exempte de qualité, notamment celle d’avoir réussi à rassembler (malgré les courants et les querelles) 60% des militants autour de son investiture, et près de 47% des Français sur sa candidature au second tour des présidentielles. Quel autre socialiste aurait pu en faire autant ?
Très populaire, Mme Royal s’est fait applaudir lors des meetings socialistes pour les législatives. Sur-active, elle n’a cessé ces dernières semaines de dénoncer (de plus en plus intelligemment) l’attitude et les propositions de l’UMP ; s’est souvent déplacée pour soutenir les candidats PS dans leurs circonscriptions et annonce maintenant préparer une motion qu’elle présentera afin que les militants puissent se prononcer « sur une ligne politique claire » : elle est donc désormais officieusement candidate à la succession de son compagnon à la tête du Parti Socialiste.
Préférant tenter de récupérer quelques voix au bénéfice du temps, les autres éléphants préfèrent garder le silence et ne pas appeler à un nouveau vote des militants (qui donnerait à coup sûr Ségolène Royal encore largement en tête).
Pourtant, j’estime que si le PS veut garder des chances de gagner les prochaines élections (quelles qu’elles soient), il doit oublier un peu l’idée de devoir forcément plaire à tout le monde (notamment à la multitude de courants qui existent au sein même de son Parti) et doit adopter un fil rouge clair et un programme propre et précis, quitte à ce que les représentants des courants mettent un peu leur ego de côté (sans pour autant ne plus faire valoir et défendre leurs idées) : la multitude et la complexité de l’extrême gauche en est arrivé aujourd’hui à la détruire, il serait dommage d’en faire de même avec le PS…

Je ne suis pas pour que le candidat socialiste des futures élections présidentielles soit immédiatement nommé : il risquerait fort d’être soumis à la critique (de l’extérieur comme de l’intérieur de son parti). Mais j’estime que si un candidat arrivait à se démarquer des autres et se présenter comme le candidat naturel de son parti (un peu à l’instar de Nicolas Sarkozy à l’UMP), et qu’il bénéficierait de l’appui de ses confrères (même s’il faut pour cela faire quelques arrangements), ce serait un atout énorme pour le PS… Et la seule qui s’impose en ce moment (comme depuis un bon moment d’ailleurs), c’est Mme Royal.

C’est pour cela que je vous pose cette question : Mais qu’attend le Parti Socialiste pour soutenir universellement Ségolène Royal et l’investir à sa tête ?

Posté par Bastogi à 20:17 - Commentaires [7] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

01 juin 2007

La nouvelle mode : vivre aux portes de l’enfer

           Je tiens aujourd’hui à faire un petit aparté dans ce blog ouvert au dialogue, pour vous parler d’un fléau qui a envahi la France depuis quelques mois et qui se propage de manière fulgurante et effrayante sur le net. Ce phénomène porte un nom : ana, diminutif employé par les anorexiques.
          Aux yeux de plusieurs milliers d’adolescentes, l’anorexie est devenue plus qu’une maladie, c’est un mode de vie auquel on adhère, même au péril de sa propre vie. Les pro-ana, comme elles se définissent, sont généralement des adolescentes âgées de 12 à 18 ans qui s’échangent des informations pratiques (comment vomir, comment perdre beaucoup de poids…) par le biais de blogs qui connaissent de plus en plus la censure. Pour passer outre cette mesure, les jeunes filles s’échangent leurs mails et dialoguent sur MSN, ou mettent des mots de passe pour accéder aux blogs. Enfin, pour se reconnaître dans la rue, les anorexiques ont pour emblème de reconnaissance un bracelet rouge, que l’on a pu voir porter par certaines stars anorexiques tel que Nicole Richie.
        Bref, ces jeunes adolescentes font l’apologie de la minceur extrême, leur slogan :
Be Perfect Be Pro-ana. Pour elles, avoir les os visibles est très sexy, et leur vie est guidée par leurs dix commandements :
1. Si tu n'es pas mince, tu n'es pas attirante.
2. Être mince est plus important qu'être en bonne santé.
3. Tu dois t'acheter des vêtements étroits, couper tes cheveux, prendre des pilules  diurétiques, jeûner,... Faire n'importe quoi qui puisse te rendre plus mince. 
4. Tu ne mangeras point sans te sentir coupable. 
5. Tu ne mangeras point de nourriture calorique sans te punir après coup.
6. Tu compteras les calories et restreindras tes apports. 
7. Ce que dit la balance est le plus important. 
8. Perdre du poids est bien / en gagner est mauvais. 
9. Tu ne peux jamais être trop mince. 
10. Être mince et ne pas manger sont les signes d'une volonté véritable et de succès.

  Pour ma part, je pense que la beauté n’est pas physique, mais belle est bien mentale et intellectuelle. Une femme belle c’est avant tout quelqu’un qui est bien dans sa peau, qui possède de l’humour, qui sait dialoguer mais aussi écouter, qui respire la joie de vivre et qui sait la communiquer à son entourage. Il est donné à tout le monde de se cacher derrière du mascara, du fard à paupière et du rouge à lèvre, mais il est plus difficile de masquer sa vraie nature, sa grandeur d’âme.
 De plus, il ne faut pas confondre minceur et maigreur, car lorsque l’on rentre dans l’anorexie, nous ne faisons plus parti de la catégorie des jeunes filles minces, mais bel et bien maigres c'est-à-dire la peau sur les os. Les filles anorexiques gardent leur corps enfantin, elles n’ont pas de ventre, pas de cuisses mais surtout elles n’ont pas de fesse, pas de poitrine. Qui a-t-il de plus attirant que de voir passer une jeune femme avec une belle poitrine dans un tee-shirt à décolleté plongeant ? Les femmes avec de belles fesses rondes telle Jennifer Lopez, ne sont-elles pas les références de femme sexy pour les hommes ? Car il ne faut pas oublier que ce qu’on perd en premier c’est la poitrine et les fesses, bref tout ce qui différencie un homme d’une femme.
 Enfin, comment peut-on vivre dans la culpabilité, la restriction, la punition. Manger est un plaisir et un acte de vie, et non une corvée, faire attention à ce que l’on mange est une chose, mais se priver en est une autre, on se force à ne pas donner à notre corps ce qu’il réclame. Beaucoup d’anorexique parle de forte crampe d’estomac, dû à un manque de nourriture, comment prétendre être bien dans sa peau alors que l’on souffre au quotidien, comment peut-on faire abstraction de se que notre corps nous hurle ? Comment prétendre prendre confiance en soi dans l’anorexie, alors que chaque jour dans la rue on est dévisagé, épié comme des bêtes curieuses, critiqué à voix basse ? On ne peut pas prétendre être heureuse lorsque l’on est rejeté par le monde, mais surtout par notre propre corps. 

 Il faut savoir que l’apport journalier moyen d’une jeune adolescente doit être de l’ordre de 2000 Calorie/Jour, pour les pro-ana on tombe à 400 Calories/Jour. Leur repas en général se limite à du thé, des fruits, boire beaucoup d’eau accompagné de laxatif et suivi par de longues heures d’activités sportives (le sucre et les graisses sont bien entendu bannis). Autant vous dire que les carences sont énormes et entraînent pertes de cheveux, déchaussement des dents, mauvaise circulation sanguine, fatigue, disparition des règles mensuelles et évidemment pour de trop grand nombre de cas l’arrêt cardiaque et la mort. 

 Je finirai ce post en rappelant que l’anorexie n’est pas un jeu, mais une maladie mentale qui se soigne avec l’aide de professionnels. Contrairement aux préjugés, cette maladie n’est pas typiquement féminine, sur10 anorexiques, un est un garçon. Les anorexiques n’ont généralement aucun problème scolaire mais ont une baisse d’appétit, font énormément de sport, et maigrissent à vu d’œil. Ne laissez pas vos enfants, vos frères et sœurs, vos cousins, vos amis s’enfoncer dans cet enfer. Parlez leur, écoutez-les, guidez-les ou faites appel à des professionnels car c’est leur santé qui est en jeu, et leur avenir (en espérant qu’il soit le plus long possible). Enfin, pour ceux qui connaissent déjà l’enfer je pense sincèrement que c’est de courage, de rage de vivre et de volonté qu’ils doivent faire preuve pour sortir de ces rouages. Et surtout n’oubliez pas, la vie est trop courte pour la gâcher, ma philosophie à moi : carpe diem ou tout simplement profite de chaque instant.

Posté par Beha à 09:34 - Cris du coeur - Commentaires [10] - Rétroliens [0] - Permalien [#]



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