14 septembre 2007
Le « miracle » de la croissance n’a pas eu lieu…
Nicolas Sarkozy espérait peut-être que le simple fait que
les Français l’aient élu à une grande majorité il y a environ quatre mois
allait suffire à dynamiser et relancer le pays. C’est sans doute ce que les
faits lui faisaient plus ou moins croire lorsque l’on a vu l’opposition (trop
occupée à s’entre-déchirer) incapable de contester de manière constructive les
réformes qu’il mettait en place… Mais la rentrée doit être dure !
En effet, après avoir complètement démoli l’opposition avec
sa politique de (pseudo) ouverture, M. Sarkozy ne devrait plus tarder à
affronter le pire fléau : l’opinion publique française, et avec toutes les
mauvaises nouvelles qui arrivent, laissez-moi vous dire que Nicolas Sarkozy risque
fort de chuter, d’autant plus haut qu’il l’est à l’heure actuelle dans les
sondages de populisme popularité.
En dehors des tensions avec son Premier ministre et avec nos
voisins les Allemands (certainement dues aux fortes personnalités des
dirigeants des deux pays), force est de constater que tout n’est pas au rose en
ce mois de septembre : la croissance, que le gouvernement estimait entre 2
et 2.5% (quitte à aller la « chercher »), n’est plus annoncée qu’à
1.8 ou 1.9%, et les spécialistes commencent à sermonner la France…
Il faut dire qu’après la défaite des Bleus (en rugby -
quoiqu’ils n’ont guère étaient plus brillants en foot), les Français sont vite
retombés sur Terre et ont recommencé à considérer leurs soucis, M. Sarkozy le
premier : si l’équipe de France ne va guère loin dans cette compétition
(et le match de vendredi a dû lui jeté un sacré froid dans le dos, au point de
remettre la cause « l’effectivité » de la nomination de Bernard
Laporte au gouvernement – ne serait-ce qu’un temps), la croissance ne
bénéficiera n’aucun coup de pouce supplémentaire - comme cela avait pu être le
cas en 1998.
Mais ne nous inquiétons pas, Nicolas Sarkozy a bien des
idées et des atouts dans ses manches pour nous sortir de cette situation qui
commence à devenir délicate : après nous avoir promis l’abaissement de
la dette et l’augmentation de notre pouvoir d’achat, il envisage pour
compenser l’agrandissement de la dette due au paquet fiscal voté en
priorité cet été – dont le coût a été estimé à près de 13 milliards d’euros par
an pour l’Etat (et dont l’efficacité n’a pas encore porté ses fruits - si tant
est que cela arrivera un jour), de baisser notre pouvoir d’achat,
notamment en augmentant la TVA, les prix du tabac, de l’alcool, des produits
trop sucrés ou trop salés, voire même de l’essence ! C’en serait presque
ironique et amusant si ces réformes (qui ne sont certes pour le moment qu’au
stade de l’élaboration théorique) n’avaient pas comme un arrière goût amer de « très
bientôt effectives »…
Attention, M. Sarkozy, je vous rappelle que vous avez déjà utilisé votre Joker Présidentiel, plus rien ne protège désormais vos faux pas des cibles du jour du Salon…
Commentaires
bonsoir bastogi,
un bon article , je suis complètement en phase avec toi, malheureusement !!!
J'ai fait un scoop sur un mensonge au Figaro, sympa à lire aussi.
http://www.peuples.net/article-12286470.html
les 13 milliards ne sont pas un cout (une dépense) mais une diminution des rentrées (pour 2008), ça n'augmente pas la dette mais ça diminue les capacités de remboursement de 2008, ce n'est du tout la même chose en finance et économie pour un résultat inconnu pour le moment et certainement qui le restera.
une augmentation de la TVA ne conduit pas systématiquement à une augmentation du prix de vente , cela est fonction de l'évolution du prix hors taxe. le problème n'est pas simple, l'augmentation de la TVA (sociale ou pas) en Allemagne n'a pas impliqué une augmentation des prix d'achat et le cout du travail est aujourd'hui moins chère qu'en France.
>> Mic90 : Je ne suis pas un spécialiste en économie/finance, je veux donc bien te croire sur le paquet fiscal.
Mais en ce qui concerne la TVA sociale, je vois mal comment une augmentation de la TVA peut rester sans effet sur les prix : tout d’abord, nous sommes dans un système économique capitaliste, l’Etat ne pourra indéfiniment intervenir sur les prix ; ensuite, la taxe étant proportionnelle au prix de revient (puisqu’elle est « ajoutée »), elle augmentera de toute façon lorsque le coût des matières premières augmentera… Elle aura donc un effet même indirect sur l’augmentation des prix finaux, sauf si l’Etat s’amuse à recalculer pour chaque matière première et chaque produit l’augmentation qu’elle entraîne afin d’en diminuer le prix de l’autre côté afin d’équilibrer le prix de vente final, ce dont je doute fort vu la difficulté et la complexité (l’impossibilité ?) de mettre la chose en place.
Fillon vient d'annoncer un déficit de 41,7 milliards pour 2008... Si c'est pas une banqueroute!
Poster un commentaire
Rétroliens
URL pour faire un rétrolien vers ce message :
http://www.canalblog.com/cf/fe/tb/?bid=116645&pid=6211904
Liens vers des weblogs qui référencent ce message :