Le grand salon de discussion

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25 septembre 2007

Sarkozysme aigu

Je tiens à commencer cette chronique en affirmant tout le respect que j’ai pour Bernard Laporte, sportivement parlant. Le rugby est un sport très complexe et je dois bien dire que je lui fais entièrement confiance quant à ses choix (que ce soit au niveau des joueurs sélectionnés ou des tactiques envisagées) pour mener l’équipe de France le plus loin possible dans la compétition.

Sur le plan humain, je ne le connais pas suffisamment pour pouvoir juger, mais je l’ai assez vu à la télévision et entendu à la radio pour savoir que – contrairement à certaines apparences, il a une personnalité bien trempée. Ce qui n’est pas forcément un mal en soit, surtout lorsque l’on doit – en tant que sélectionneur d’une équipe de France, affronter ce mal bien français qui est de critiquer à tout va chaque décision prise… On a ainsi déjà pu voir M. Laporte remettre à leur place plusieurs journalistes (entre autres, lorsqu’il ne traite pas les spectateurs du stade de France de « bourgeois de m*** ») qui bien souvent tentaient de remettre en cause ses propres choix, mais aussi parfois cherchaient simplement à faire connaître un peu plus ce sport à leurs auditeurs/téléspectateurs en vue de cette coupe du Monde… Bon, sur ce point, je ne serais pas trop sévère avec Bernard Laporte car tout d’abord j’estime que personne n’est parfait et chacun possède des limites (notamment lorsque l’on se rappelle le mal que certains ont pu faire à l’équipe de France de football en 98), ensuite je ne peux que le suivre lorsqu’il annonce que si les journalistes (sportifs) étaient si forts que ça, ce serait eux qui se trouveraient à sa place.
Sur le plan politique, on le sait, M. Laporte a apporté son soutien à Nicolas Sarkozy et est en voie de devenir un de ses secrétaires d’Etat. Encore une fois, ce n’est pas moi qui irais le lui reprocher, chacun étant libre de ses orientations et de ses choix, bien que je ne sois pas spécialement pour que l’on amalgame le sport (ou une autre activité, artistique par exemple) avec la politique. Toujours est-il que Bernard Laporte n’a pu que forcer le respect lorsqu’il a répondu qu’il resterait concentré sur l’équipe de France de rugby jusqu’à la fin de (sa participation à) la coupe du Monde, et qu’il ne mélangerait pas les deux activités qu’il savait bien distinctes…

Jusqu’à…
Jusqu’à ce début de coupe du Monde. Jusqu’à ce qu’il entreprenne de faire lire aux joueurs la lettre de Guy Môquet juste avant le match d’ouverture, cette fameuse lettre qui a tant fait de bruit (il faut dire que lire la lettre d’un jeune condamné à être fusillé durant la guerre de 39-45 à des joueurs de rugby – répertorié, rappelons-le, comme sport de combat, avant un match, ce n’était peut-être pas le meilleur choix pour les préparer et les motiver), d’autant plus que cette lettre avait été récemment utilisée par M. Sarkozy (inutile – je pense, de préciser dans quelles circonstances), ce qui rajoutait un peu au caractère hors propos de cette initiative… J’avais finalement réussi à passer l’éponge sur ce détail, me disant que les images n’auraient jamais dû sortir des caméras de TF1 avant la fin de la coupe du Monde (ce qui avait d’ailleurs provoquer la colère des joueurs), et que M. Laporte n’avait rien chercher de plus que de créer un élan « patriotique » au sein de ses joueurs afin qu’il soient fiers du maillot qu’ils portent et cherchent à le défendre du mieux qu’ils le peuvent…
Mais Bernard Laporte persiste et signe dans ce que j’appellerai un sarkozysme aigu et (surtout, car comme je le disais plus haut chacun est libre de ses choix) déplacé : après la victoire du XV de France face à l’Irlande vendredi dernier, il n’a rien trouvé de mieux à répondre à la question « Comment vous sentez-vous après ces deux semaines difficiles ? » que « Moi je ne vous lis pas et heureusement parce qu’il y a tellement de c***. J’ai confiance en un homme si vous voulez en parler qui est le président de la République. Il n’y a pas de relation entre mon nouveau métier et celui que je fais là. Je sais que ce sont mes dernières émotions. Après je passerai à un autre métier avec la confiance d’un homme qui est grand. Il nous l’a prouvé ce soir […] Si tout le monde était comme lui, ce pays se porterait mieux » ( !).

Navré, M. Bernard Laporte, mais vous êtes ma cible du jour, car lorsque l’on déclare il y a encore ne serait-ce que quelques semaines que l’on ne veut pas tout mélanger, le minimum serait de rester fidèle à ses propos. Certes, les journalistes n’ont pas été tendres avec vous - j’étais et suis toujours le premier irrité face à ce genre de réactions et de critiques ; mais il y a des personnes dont je fais partie qui n’ont que faire de votre amitié et votre admiration envers Nicolas Sarkozy, alors ne profitez pas de votre situation de sélectionneur de l’équipe d’une nation qui reçoit la coupe du Monde pour nous exposer lourdement vos opinions !

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25 avril 2007

François Bayrou se décrédibilise

Visiblement enivré par les 18 % de votes en sa faveur, François Bayrou n’a pas dû émettre l’hypothèse que les sept millions de voix d’électeurs égarés qui sont venues se rabattre sur lui ne seront peut-être plus siennes dans cinq ans, voire d’ici les législatives ou - encore mieux, d’ici le 6 mai (si ce n’est d’ailleurs pas déjà le cas). Aussi, le Président de l’UDF continue d’agir comme s’il était toujours dans la course à l’Élysée (il faut dire que les tentatives de ralliement lamentables des deux candidats restants - mettant en avant un troisième homme dans le débat, n’arrangent guère les choses) et se permet même le luxe de renommer son propre parti en annonçant une force nouvelle, « la seule force nouvelle de notre pays » (!).
Rappelons tout de même que l’UDF existe depuis presque trente ans, qu’il a déjà eu un Président de la République (Valery Giscard d’Estaing), que François Bayrou a été ministre sous le gouvernement d’Alain Juppé, et qu’il était déjà candidat à l’élection présidentielle de 2002.

Toujours est-il que M. Bayrou, en prononçant un discours tel que celui qu’il a prononcé dans l’après-midi, vient de se décrédibiliser.
En effet, trop emporté par l’élan que vient d’avoir son parti, François Bayrou en a même oublié ce qu’il a promis (et continue de promettre), à savoir sortir du clivage gauche-droite, créer une « force de contre-pouvoir, libre, capable de dire oui si l’action va dans le bon sens et non si elle va dans le mauvais sens » (quelle modestie ceci dit) et « faire sortir la politique des réflexes du toujours pour et du toujours contre » ; car, en dénonçant le programme de Ségolène Royal comme allant « exactement à l’encontre, en sens contraire, des orientations nécessaires pour rendre à notre pays et à son économie leur créativité et leur équilibre » sans en préciser les points sur lesquels il est en accord ; et en s’attaquant à Nicolas Sarkozy sur sa personnalité plutôt que sur son programme « Nicolas Sarkozy, par sa proximité avec les milieux d’affaires et les puissances médiatiques, par son goût de l’intimidation et de la menace, va concentrer les pouvoirs comme jamais ils ne l’ont été. Par son tempérament, et les thèmes qu’il a choisis d’attiser, il risque d’aggraver les déchirures du tissu social, notamment en conduisant une politique d’avantage au plus riche », n’est-il pas en train d’agir justement de la manière qu’il prétend combattre (toujours contre) ?
Au final, la seule chose intelligente qu’ait pu dire le Président de l’UDF, c’est que « les Français qui ont voté pour moi sont en conscience des citoyens libres de leur choix », mais ça, j’imagine qu’ils n’ont pas attendu qu’il le dise pour l’être.

Navré, M. Bayrou, mais vous êtes ma cible du jour, car si je peux passer sur le fait que vous prétendiez pouvoir dénoncer ce qui est bien ou mal pour notre pays, sans préciser que cela reste VOTRE opinion, que vous espériez effacer votre passé et celui de votre parti simplement en le renommant et en prétendant n’accepter (dés lors) plus « aucune soumission ou ralliement à l’un des deux camps » ; permettez-moi de vous rappeler que ce n’est pas votre programme qui a été retenu dimanche dernier, mais tout de même que les sept millions de Français qui ont voté pour vous ne l’ont pas fait pour vos beaux yeux et pour le bien de votre parti, mais bien pour les idées que vous véhiculiez, alors essayez pour le moins de vous y tenir et d’en montrer l’exemple.

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29 décembre 2006

Michèle Alliot-Marie, éternelle gaulliste (ou chiraquienne ?)

Comme le faisait remarquer Nico il y a quelques jours, le troisième et dernier « forum » de l’UMP n’était pas sans rappeler une certaine année 1994… En effet, on a pu voir pratiquement tous les derniers remparts de fidèles à Jacques Chirac se rallier à Nicolas Sarkozy - tout comme l’avaient fait ses anciens « amis » (dont M. Sarkozy) envers Edouard Balladur. Hélas (pour eux), tous ces opportunistes qui ne se fiaient qu’aux sondages pour choisir leur champion se sont ensuite pris la fameuse claque que l’on sait, et ont presque tous été oubliés de la scène politique depuis…

Pourtant, l’UMP n’est pas le RPR - ce parti créé il y a environ trente ans par M. Chirac, qui s’en voyait du coup le candidat légitime pour les élections de 1995 ; l’UMP est un parti qui se veut rassembleur de toute la droite afin de pouvoir (entre autres) s’assurer une place au second tour (il faut dire que depuis 2002 et la montée du Front National, on a l’impression que le duel gauche-droite - ou en tout cas PS-UMP, va plutôt se jouer lors du premier tour)…

L’UMP a donc proposé un calendrier permettant de décider à qui le soutien (et j’insisterai bien sur ce mot) financier et logistique du parti sera accordé. Nicolas Sarkozy étant l’actuel président de ce parti fort de 327.000 adhérents, et ultra majoritaire qui plus est pour la candidature de 2007, le calendrier qui a été décidé ne pouvait que le renforcer dans sa position…

C’est donc dans ce contexte, se voyant minoritaire face au ministre de l’Intérieur après avoir demandé – et obtenu, des débats d’idées « montrant que notre famille politique est riche de sa diversité » (selon ses propres mots), que Michèle Alliot-Marie a décidé hier de ne pas entrer dans la compétition interne de l'UMP pour 2007, sans pour autant faire une croix sur sa candidature (indépendante cette fois) : « j'en ai très envie » a-t-elle annoncé jeudi, affirmant y réfléchir et lever le voile avant le 14 janvier prochain (date du congrès de l’UMP - qui devrait voir le sacre de Nicolas Sarkozy). Il va donc falloir attendre encore un peu avant de savoir s’il ne s’agit que d’un coup de pub pour pallier un peu à la médiocrité de ses interventions lors des forums de l’UMP et de ne pas apporter son soutien à Nicolas Sarkozy ; ou s’il s’agit d’une décision sérieuse de s’opposer à ce dernier (empêchant peut-être Jacques Chirac de le faire lui-même, lui évitant ainsi de se ridiculiser)…

Cependant, si Mme Alliot-Marie est superstitieuse au point de voir un nouveau mai 95 se produire, je pense qu’il est important de préciser que la situation est différente de celle d’il y a une dizaine d’années : si un grand parti comme le RPR pouvait se permettre à l’époque de proposer deux candidats sans compromettre ses chances d’être au second tour, ce n’est plus le cas aujourd’hui… Une candidature de M. Chirac - ou une appuyée par celui-ci, dans le seul but de ne pas voir son ennemi de toujours lui succéder à la présidence de la République, risque fort de voir l’UMP ne pas passer le premier tour des élections.

Navré, Mme Alliot-Marie, mais vous êtes ma cible du jour.

Non pas que je sois particulièrement pour le bipartisme – au contraire, je pense que la multiplicité des partis au premier tour permet à chacun de s’exprimer, et surtout aux Français de voter pour celui dont ils se sentent le plus proche sans entrer dans un rang prédéfini ; mais lorsque le dédoublement du candidat d’un même parti n’est basé que sur des différends de personnes, j’estime qu’il y a des limites à ne pas franchir, ne serait-ce que pour l’avenir de ce parti…

PS : Notez que mon but avec cette chronique n’est nullement d’apporter un quelconque soutien à qui que ce soit ; mais simplement de mettre en avant une attitude que je ne partage pas, et ce, d’où qu’elle vienne.

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13 octobre 2006

Ségolène Royal, ou l’art de l’esquive

Tout le monde, même ceux qui s’intéressent peu à la politique, sait qui est Ségolène Royal : c’est la présidente socialiste du Poitou-Charentes, candidate à l’investiture socialiste ; compagne de François Hollande – Premier secrétaire du Parti Socialiste, elle a su surfer sur la vague de popularité que les médias ont créé sur sa personne (un peu comme est en train de le faire actuellement Michèle Alliot-Marie, qui joue sur les effets d’annonce des médias quant à sa potentielle candidature) pour en arriver là où elle est, et c’est peut-être tant mieux pour le PS - qui manquait cruellement depuis le départ de Lionel Jospin d’une figure emblématique à afficher face à l’UMP et notamment à Nicolas Sarkozy.

L’ennui, c’est que Mme Royal est loin de faire l’unanimité au sein de son propre parti, lorsque l’on parle de son programme (bien qu’il faille reconnaître que certains n’ont pas attendu qu’elle ouvre la bouche pour la critiquer), les opinions commencent à diverger : certains diront que son programme est celui du Parti Socialiste (« Mon programme sera socialiste » avait-elle lancé il y a quelques mois, non sans allusion à Lionel Jospin – qui, emporté par son élan d’égocentrisme, avait déclaré le contraire en 2002) ; en effet, mais elle a aussi rajouté quelques (rares ?) idées personnelles qui sont innovatrices pour ses sympathisants, droitisantes pour ses opposants.
Il est vrai que si aucun sujet n’appartient à un groupe politique (seulement les solutions que l’on y propose), il faut tout de même dire que les solutions de l’admiratrice du parti travailliste de Tony Blair en Grande-Bretagne (qui a – entre autres, supprimé le chômage à ceux qui refusent une offre d’emploi ; totalement écarté les partis et les idées communistes de son programme et porté très haute la précarité des emplois) envers l’insécurité (encadrer les jeunes délinquants par des militaires) et ses critiques envers les trente cinq heures ne sont pour le moins pas très gauchisantes.
Passons. Ce que je trouve amusant, c’est que Ségolène Royal se retrouve ironiquement la cible des gauchos (« Ces pauvres mecs endoctrinés », disait Renaud il y a bien longtemps, en les plaçant au même niveau que les fachos), qui, il n’y a pas si longtemps, s’attaquait à la droite, tentant de l’assimiler à l’extrême droite… Si notre actuel ministre de l’Intérieur est un facho ou un lepéniste de part ses solutions (certes discutables) sur l’insécurité et surtout l’immigration ; la Présidente du Poitou-Charentes est quant à elle devenue une nationaliste…

Toujours est-il que face à ces attaques (de très haut niveau), Mme Royal n’a rien trouvé de mieux à faire que d’hésiter quant à sa présence à tous les débats que le PS a organisé avant le vote des militants pour l’investiture socialiste (prévu début novembre), sous prétexte qu’elle ne souhaite pas être « ballottée » - pour sûr que ce genre d’attaque doit la changer de son petit cocon familial.
Ce que Ségolène Royal a dû oublier - ou en tout cas ce qu’elle a dû prendre en compte tout en se disant que ce serait toujours moins mauvais pour son image (le seul et unique débat auquel elle a pu assister – bien que présente uniquement lorsqu’elle parlait, ne lui a pas été très avantageux), c’est que ce que ses opposants lui reproche, c’est aussi de ne pas avoir de véritables idées, que ses théories ne sont que des phrases toutes prêtes, et qu’elle serait incapable de tenir un débat d’idées… Difficile, dans des cas pareils, de ne pas être d’accord avec ces derniers.

Désolé, Mme Royal, mais vous êtes ma cible du jour, parce que lorsque l’on prétend avoir la carrure nécessaire pour assumer la Présidence d’une République comme la France, il faut savoir faire face à ses ennemis et non pas se cacher derrière des prétextes comme celui de l’unité du Parti (« J’ai l’impression que la machine à perdre est lancée ») ; car si les socialistes – bien que j’imagine que votre dernière sortie ne doit pas spécialement les encourager à voter pour vous, vous choisissent pour aller aux élections présidentielles, il faudra bien que vous vous confrontiez aux autres candidats qui, soyez-en sûre, seront bien moins tendre que vos confères, d’autant plus qu’il ne s’agira plus de critiquer les positions des uns et des autres, mais bien de défendre vos propres positions.
Pire, si c’est vous que les Français éliront comme Présidente, j’ose à peine imaginer de quelle manière vous aller défendre la place de notre pays dans le Monde…

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29 septembre 2006

Le gouvernement fait du zèle

Tandis que tous les yeux (en tout cas ceux des journalistes) sont tournés vers le PS - dont la date officielle des dépôts des candidatures à l’investiture approche, afin de voir si d’autres éléphants – à l’instar de Lionel Jospin, vont se « sacrifier » afin de ne pas diviser leur parti (je vous accorde que c’est plutôt mal engagé, d’autant plus que cela ressemble plutôt à une bonne excuse pour ne pas affronter une nouvelle défaite) ; l’UMP tente également d’attirer  - en bien, cela va de soi, l’attention sur lui.

Ainsi, nous avons pu entendre Jacques Chirac affirmer que les pensions des soldats des anciennes colonies seront revalorisées par rapport à celles des Français (de la métropole), une décision qui aurait dû couler de source depuis près de cinquante ans mais dont l’éloge reviendra à notre Président de la République actuel… Une belle manœuvre selon moi puisque, en plus, la revalorisation ne prendra effet qu’à partir de janvier 2007, et coûtera ainsi 110 millions d'euros par an au gouvernement qui succèdera à l’actuel.

M. Chirac a annoncé que c’était après être allé voir l’avant-première du film « Indigènes » - qui l’a fortement ému, qu’il avait pris la décision de réparer cette injustice… Mais il faut bien dire qu’au vu de l’état des relations entre la France et l’Afrique, cette décision tombe à pic. Coïncidence ?

Cependant, je souhaite ne pas être trop sévère envers Jacques Chirac, car il faut bien dire que cette décision a du mérite, et ce, même s’il y aura toujours des insatisfaits (il est vrai que nombre d’anciens combattants des colonies françaises ne sont malheureusement plus de ce monde pour profiter de la réparation de cette injustice mais, si elle arrive tard, je n’irais pas jusqu’à dire comme eux qu’il est TROP tard).

De même, nous avons pu entendre le week-end dernier Thierry Breton annoncer que la France sera équipée d'ici à la fin de 2007 de 500 pompes pour distribuer un carburant composé à 85 % d'éthanol et à 15 % d'essence (l’E85) dans « l'intérêt du pouvoir d'achat des Français, de notre indépendance énergétique et de nos filières industrielles ».

Etant, comme bon nombre de Français je pense, devenu regardant sur le prix du carburant depuis quelques temps, je dois dire que j’ai plutôt bien accueilli cette nouvelle ; malheureusement, si le gouvernement (et son opposition) étaient si discrets sur ce point, c’est parce que lorsque l’on entre dans les détails, on déchante très vite.

En effet, l’utilisation de ce bio-éthanol nécessite que le véhicule soit équipé d’un « flex-fuel », qui permet de rouler aussi bien avec ce bio-carburant, mais aussi au super sans-plomb… On peut donc oublier (en tout cas pour le moment) le bio-carburant diesel ! Mais ce n’est pas tout : le ministre de l’économie pense faire vendre 0.80 centimes d’euro le litre d’E85, afin qu’il soit à la pompe au même prix que le gazole ; l’ennui, c’est que le rendement du bio-éthanol est moindre que celui du gazole, et devrait donc plutôt être vendu 0.60 centimes le litre pour être rentable, ce qui est impossible puisque c’est le prix approximatif auquel il reviendra aux agriculteurs. Tout dépendra alors de la baisse de la TIPP sur ce produit annoncée par le gouvernement sans pour autant avoir été chiffrée…

Lorsqu’on se rappelle le prix du gazole comparé au super il y a quelques années, on devine vite à quel point cette nouvelle et tout au plus minime différence va durer (si tant est qu’elle sera ne serait-ce que significative).

Navré, M. Breton, mais vous êtes ma cible du jour, car si je dois investir dans un véhicule flex-fuel, donc sans plomb (avec tous les inconvénients que cela entraîne), payer mon carburant aussi cher (voire plus d’ici quelques années) que le diesel actuel, uniquement dans le but de réduire la dépendance aux hydrocarbures importés, d’autant plus que le bio-carburant restera moins cher au brésil et risque donc, à terme, de créer une nouvelle dépendance ; excusez-moi de n’y trouver qu’une bien piètre consolation…

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20 septembre 2006

Cible du jour : Nicolas Sarkozy (encore !)

Bon, autant le dire tout de suite, l’actualité de cette chronique risque de ne pas être très fraîche… Il faut dire qu’avec mon emploi du temps de ces dernières semaines, je n’ai pas beaucoup eu le temps d’aller chercher des infos sur le net – vous remarquerez qu’il s’agit du premier post politique depuis mes vacances. Cependant, comme j’avais déjà parlé de ce sujet, je me devais d’en écrire la suite (la fin ?).

En effet, devant la pression grandissante de la communauté homosexuelle qui réclame les mêmes droits pour leurs couples que ceux des hétérosexuels, et au vu des pays de plus en plus nombreux à le leur accorder ; Nicolas Sarkozy avait décidé en juin dernier de confier à son ancien ministre de l’Education et philosophe Luc Ferry une mission de réflexion et de propositions sur la question du mariage et de l'adoption pour les couples homosexuels.
J’ai appris non sans déception que ce dernier a récemment interrompu cette mission, il faut dire qu’il est difficile de dialoguer avec les différentes associations lorsque le président de l’UMP annonce publiquement que « le modèle qui est le nôtre doit rester celui d'une famille hétérosexuelle : les enfants ont besoin d'un père et d'une mère »… Il faudra d’ailleurs au passage qu’il m’explique en quoi un enfant adopté par un parent (homosexuel ou hétérosexuel) célibataire – puisque la loi à l’heure actuelle l’autorise, aura droit à un meilleur modèle.
Je ne trouve qu’une explication à ce changement soudain de position – car il ne peut s’agir selon moi que de cela : lorsque l’on annonce que « le PACS semble aujourd'hui ne plus répondre aux aspirations d'une partie de nos concitoyens qui souhaiteraient voir s'atténuer et même disparaître les différences qui perdurent entre couples hétérosexuels et homosexuels […] Certains couples homosexuels voudraient être reconnus comme les couples hétérosexuels et élever des enfants », tout en demandant à un philosophe renommé de se pencher sur la question, ce n’est pas pour appuyer une position conservatrice ; c’est que M. Sarkozy n’a pas pu tenir face aux pressions de la frange conservatrice de son parti… Belle preuve de témérité. 

Cependant, fidèle à lui-même, Nicolas Sarkozy (espérant satisfaire toutes les parties en trouvant une solution « ni pour, ni contre ») propose en parallèle un "Contrat d’union civile" - spécifique aux homosexuels, et n’ouvrant aucun droit quant à la parentalité… Autant dire qu’il a encore tout compris !
J’ai parfois du mal à saisir comment un homme politique qui propose des solutions pareilles après avoir fait semblant d’avoir compris que les homosexuels ne demandaient rien de plus que d’être traités comme des citoyens égaux aux hétérosexuels peut avoir une telle côte de popularité… D’autant plus que le fait de proposer un « PACS amélioré » ne doit pas non plus convenir aux conservateurs.
Finalement, la seule chose sur laquelle le ministre de l’Intérieur est plutôt ancré (pour le moment), c’est le service civil obligatoire : il a peut-être pensé que c’était cette partie du programme du PS qui avait séduit les jeunes, allez savoir.
Toujours est-il que son éternel rival Dominique de Villepin a profité de l’occasion pour émettre des réserves à ce sujet, et même affirmer qu’il ne pensait pas que c’était ce dont avaient envie les jeunes. Mince ! C’est le Premier ministre qui vient à notre secours maintenant ! Pourtant, en matière de jeunes, on ne peut pas dire qu’il sache vraiment ce dont ils ont besoins (ai-je besoin de donner un exemple ?;-))…
Bref, le programme de l’UMP n’étant pas arrêté, l’Inter-LGBT (Interassociative lesbienne, gaie, bi et trans.) demande toujours à rencontrer Nicolas Sarkozy, espérant qu’il saura trouver le courage d’accepter le dialogue. 

Navré, M. Sarkozy, mais vous êtes ma cible du jour, car ce n’est pas en proposant des lois qui ne font que faire stagner la situation actuelle de la France que vous arriverez à réaliser le profond changement que vous nous aviez promis, et ne me dites pas qu’il va falloir pour cela attendre que vous soyez élu, car je vous répondrai qu’il vaudrait mieux que vous accomplissiez votre tâche au sein du gouvernement avant d’envisager le diriger…

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31 mai 2006

Cible du jour : Sami Naceri

Une fois n’est pas coutume, ce n’est point un homme politique qui est la cible de cette chronique, mais un acteur. Il faut dire que l’attitude de Sami Naceri a non seulement ternit - encore une fois, son image de marque (il nous était pourtant apparu sympathique dans « Taxi »), mais m’a également levé l’envie d’aller voir le dernier film dans lequel il joue… En effet, M. Naceri, après s’être vu refusé l’entrée d’une boîte de nuit à Cannes – boîte qui, précisons-le, avait été interdite à l’acteur à cause de ses écarts de conduite ; s’est emporté, a insulté les vigiles, et s’est même permis de lancer une barre de sécurité à l’encontre de l’un d’eux ! Heureusement, personne n’a été blessé… On ne pouvait pas en dire autant la dernière fois que Sami Naceri s’est démarqué avec ses débordements : en novembre dernier, il avait écrasé un verre sur le visage d’un styliste venu lui vendre des tee-shirts. L’opération du malheureux n’avait nécessité pas moins de trente-deux points de suture… A peine sorti de prison, l’acteur avait une nouvelle fois été interpellé par la police dans un état « anormalement excité » ; s’étant vu reproché son attitude et ses propos racistes, Sami Naceri avait joué son « Mea Culpa » dans les médias. Navré, M. Naceri, mais vous êtes ma cible du jour, car lorsqu’on demande pardon, le minimum serait d’essayer de faire croire à sa sincérité en évitant de récidiver moins de trois mois après ses propres déclarations. Etre acteur - et un tant soit peu reconnu, ne permet à personne de se sentir au dessus de tout et de tous : si vous êtes incapable de vivre en société, abstenez-vous de sortir en public !

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17 mai 2006

Nicolas Sarkozy affiche sa colère

La colère et l’impulsivité à peine dissimulées derrière ses dents serrées, le ministre de l’Intérieur a été interrogé hier soir sur France 2. M. Sarkozy s’est notamment exprimé sur l’affaire Clearstream, qu’il a tenté de démystifier en expliquant de la manière la plus simple possible comment il en a été la victime.
C’est à peine s’il a cherché à cacher sa haine envers Dominique de Villepin, à tel point que l’on en arrive à se demander si ses intentions n’étaient pas justement de montrer les dents, à une période où le Premier ministre est au plus bas :

A la question «  Vous avez confiance ? », il répondra « En la justice ? Oui. » ;
À « Et en Dominique de Villepin ? » : « Attendez (laissez-moi m’expliquer) » ;
À « Mais vous avez dis que votre raison vous dicter de rester alors que votre cœur vous disait de partir… » : « Parce que parfois, mon cœur dépasse ma raison. » ;
À « Vous restez donc au gouvernement, jusqu’à… ? » : « Attendons la réponse de la Justice, après on verra. ».
(Je m’excuse au passage si les propos ne sont pas retranscris à la syllabe près, mais je n’ai pas pu enregistrer l’interview afin de reprendre les répliques exactes…)

Interrogé dans un second temps sur les conditions de relaxation d’un auteur de crimes sexuels, Nicolas Sarkozy nous a exposé ses intentions de les rendre un peu plus sévères. Sur ce point, ce n’est pas moi qui irais le contredire, j’estime même qu’une simple visite toutes les semaines (dans le cas où le condamné serait relâché), c’est déjà trop de liberté pour un assassin…
Bref, je ne m’attarderais pas plus sur ce point, d’autant plus que ce qui a le plus retenu mon attention est ce qu’a dit ensuite le ministre de l’Intérieur quand le journaliste l’a questionné sur son projet de loi sur l’immigration :

Navré, M. Sarkozy, mais vous êtes ma cible du jour, parce que lorsqu’on annonce quelque chose qui n’est pas contenu dans le projet de loi qu’on présente à l’assemblée, cela revient à prendre les Français pour des abrutis que de leur dire « Il faut arrêter la langue de bois ».

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11 mai 2006

Da Vinci Code : Le scandale recommence

A quelques jours de la sortie officielle du film de Ron Howard inspiré du livre de Dan Brown, la polémique qui tourne autour du sujet abordé dans le « Da Vinci Code » - la prétendue vie secrète de Jésus Christ, repart de plus belle…

                        

En effet, sans comprendre que plus ils feront de scandale autour, plus le film se « vendra », certains hommes d’Eglise enchaînent les déclarations négatives à ce sujet.

Si certaines de ces réactions sont compréhensibles - Dan Brown, qui est à l’origine du scandale (actuel en tout cas), n’a non seulement pas précisé dans son livre que cette histoire n’était que pure imagination, mais a en plus profité du scandale provoqué pour vendre ses livres ; d’autres sont cependant à la limite de l’acceptable (je pense effectivement qu’il ne faut rien exagérer : un film reste un film et un roman un roman). Ainsi, si certains cardinaux appellent au boycott du film – ce qui me paraît de bonne guerre ; d’autres – comme le cardinal Francis Arinze, vont jusqu’à inviter les chrétiens à traîner en justice ceux qui « offensent le Christ et son Eglise », estimant que « Les chrétiens ne doivent pas rester les bras croisés en se contentant de pardonner et d'oublier (…) Parfois, il est de notre devoir de faire quelque chose de concret. Ce n'est pas moi qui dirais à tous les chrétiens ce qu'ils doivent faire, mais certains connaissent des moyens juridiques que l'on peut utiliser pour obtenir d'autrui qu'il respecte les droits des autres ».

Rien que ça ! Non seulement il invite les chrétiens à agir, mais il ne veut pas se salir les mains ! Et comme si cela ne suffisait pas, il a ajouté « Ceux qui blasphèment le Christ et s'en sortent exploitent le fait que les chrétiens sont portés à pardonner et à aimer ceux qui nous insultent. Il y a d'autres religions qui, si vous insultez leur fondateur, ne se contenteront pas de paroles. Ils vous le feront savoir dans la douleur »…

Je ne veux pas savoir s’il sous-entendait quelque chose ou non dans cette dernière phrase, le simple fait de la dire me semble intolérable, d’autant plus que c’est un manque de respect envers les pratiquants des ces autres religions.

Navré, Mgr Arinze, mais vous êtes ma cible du jour, parce que lorsque l’on représente l’Eglise, le minimum est de respecter le message qu’elle souhaite faire passer et de s’y tenir sans rien ajouter de personnel.

Heureusement que certains représentants de l’Eglise ont encore la tête sur les épaules puisque l’Opus Dei, qui est pourtant décrite comme très sévère (dans ses méthodes) dans le livre, a annoncé qu’un avertissement dans le film précisant qu'il s'agit d'une fiction constituerait un signe bienvenu de respect envers l'Eglise…

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03 mai 2006

Cible du jour : Laurent Fabius tend le bâton…

Interviewé (hier soir sur France 3) sur l’affaire Clearstream, Laurent Fabius n’a pas hésité à dire que Dominique de Villepin devrait démissionné, précisant que dans n’importe quelle autre grande démocratie, c’est ce qui se serait passé.
En effet, selon lui, une affaire qui mêle les coups bas et les services secrets français est intolérable, et risque de traîner le gouvernement actuel « dans la boue ».
A croire que M. Fabius a la mémoire courte, puisqu’il se permet même de (faire semblant de) s’étonner lorsqu’on tente de la lui rafraîchir en évoquant l’affaire Greenpeace.

Pour information, durant l’été 1985, alors que Laurent Fabius était Premier ministre de François Mitterrand, un navire de la Greenpeace (qui s’oppose à toute forme d’utilisation de l’énergie nucléaire) est coulé par les services secrets français, tuant au passage un photographe portugais.
Cette histoire avait à l’époque fait pas mal de scandale, la France ayant dû présenter des excuses publiques, verser 2,3 millions de francs à la famille de la victime, 9 millions de dollars à la Nouvelle-Zélande (pour récupérer les auteurs du sabotage) et 8,1 millions de dollars à la Greenpeace ; jetant ainsi le discrédit sur le ministre de la Défense nationale (Charles Hermu - qui a dû démissionné en septembre), mais également sur le Premier ministre et même sur le président de la République, soupçonné d’être au courant de l’affaire… 

La journaliste de France 3 s’est amusée hier à titiller Laurent Fabius sur cette affaire, qui s’est maladroitement défendu en disant qu’il avait à l’époque demandé la vérité et que le ministre concerné avait démissionné ; ce à quoi la journaliste a répondu que ce n’était pas pour autant qu’ils avaient, lui-même ou François Mitterrand, donné leur démission.
Laurent Fabius n’a alors rien su dire d’autre que « Cela n’a rien à voir ».
Effectivement, cela n’a pas grand-chose à voir ; mais suffisamment pour que l’affaire soit rappelée par les médias, d’autant plus que M. Fabius tenait à l’époque le poste de la personne qu’il attaque à l’heure actuelle. 

Navré, M. Fabius, mais vous êtes ma cible du jour, car lorsqu’on se prépare à dire (en deuxième partie d’interview) que l’on est le meilleur candidat d’un point de vue politique à la candidature socialiste, le minimum aurait été de préparer ses réponses face à des attaques on ne peut plus prévisibles.
Un Président doit certes être correct au niveau politique, mais aussi avoir un minimum de charisme…

Posté par Bastogi à 07:34 - Cibles du jour - Commentaires [9] - Rétroliens [0] - Permalien [#]



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