09 septembre 2007
Ils ont su nous contenir…
Avec toutes approximations, ces dégagements au pied où l’on
loupe le ballon (Skrela), ces pénalités (pourtant apparemment à portée de nos
buteurs) ratées (Skrela, Michalak), cette passe plus que téléphonée qui a mené
au contre à l’origine de l’unique essai des Pumas (Martin) - et de la partie,
et l’on perd d’uniquement cinq malheureux points… Il y a de quoi se dire que
nos Bleus auraient dû gagner ce match.
Auraient dû gagner ce match, cela ne veut certainement pas
dire qu’ils l’auraient mérité ! Mais on a eu l’impression que les rugbymen
de l’équipe de France ont surtout eu du mal à tenir la pression de ce match
d’ouverture de la coupe du Monde à domicile où l’on les annonçait parmi les
favoris face à une équipe d’Argentine finalement peu inquiétante, mais dont la
stratégie a été payante…
En tant que supporter (mais pas fanatique) de l’équipe de
France, je reste confiant : les Bleus nous ont déjà prouvé à de multiples
occasions que c’étaient parfois dans le creux de la vague qu’ils savaient être
les plus combatifs. Je sais donc qu’ils sont parfaitement capables de se
ressaisir, d’arriver premier de leur poule en récupérant le maximum de points
de bonus, et de nous faire rêver encore longtemps en allant loin, très loin.
Peut-être même jusqu’à une finale contre les All Blacks.
Mais pour quoi faire ?
Si c’est pour nous offrir le même spectacle que vendredi
dernier, ou n’importe lequel des quatre derniers test-matches contre la
Nouvelle-Zélande, ce n’est pas la peine !
En tant qu’admirateur de rugby, je le dis sans frémir :
je préfère assister à une belle finale sans la France plutôt que de regarder
une finale minable et sans suspens avec les Bleus…
Au fond, je me demande si le mieux pour tout le monde ne
serait pas que les Bleus arrivent deuxième de la poule D, et affrontent (selon
toute vraisemblance) les Blacks en quart de finale. Alors nous serions
rapidement fixés de savoir s’ils sont capables de prétendre pouvoir remporter
la coupe, ou s’ils sont bons pour retourner faire les beaux sur les calendriers
ou sur des publicités pour cheeseburger…
Je suis sévère, mais que les choses soient claires : je
suis certainement l’un des rares à croire (encore) au potentiel des Bleus.
Lorsque je lis ici ou là qu’il faut absolument que l’on
arrive premier de notre poule afin d’éviter les Blacks en quart, je me demande
si finalement il ne vaudrait mieux carrément pas qu’une autre équipe batte la
Nouvelle-Zélande avant la finale, ou l’épuise et la blesse tellement que nous
serions assurés de pouvoir gagner la coupe… Est-ce comme ça que certains
veulent voir la France championne du Monde ?
Ben, pas moi !
Les Blacks sont sans conteste possible les meilleurs joueurs
de rugby du Monde, mais ils ne sont certainement pas invulnérables ! Les
fantômes de 1999 (et 2003, pour ne pas dire 1995 et 1991) planent encore dans
leur tête… Les prétendants à la succession des Anglais doivent être capables de
les battre, et ce n’est pas chose insurmontable, loin de là.
En tout cas, une chose est sure : c’est que je préfèrerais
voir les Bleus perdre (ou gagner, pourquoi pas ? ;-) en quart de finale
contre les All Blacks après un match acharné plutôt que de les voir gagner (ou
perdre !) en finale contre les mêmes, mais après un match au rabais…
En attendant, il reste encore des matches difficiles à jouer… Allez les Bleus ! Ressaisissez-vous ! Je sais que vous êtes encore capable de nous faire rêver, et on est toujours tous derrière vous !
22 janvier 2007
Peut-on se passer de Heineken… Cup ?
Ça faisait un petit moment que l’on entendait par-ci par-là que les clubs français menaçaient de ne pas participer à la Coupe d’Europe de rugby la saison prochaine… Un pas de plus a été franchi mardi dernier : après une réunion en urgence, Serge Blanco – président de la ligue nationale de rugby (la LNR), a annoncé que tous les clubs français étaient en accord pour boycotter la H-Cup l’année prochaine.
Derrière cette crise se cache un enjeu extrêmement complexe.
Tout d’abord, il faut savoir que les clubs français ont réagi en soutien aux clubs anglais (qui ne pourront pas être absents de la Coupe d’Europe l’année prochaine, puisqu’ils sont liés avec leur fédération jusqu’au mois de juin 2009), puisqu’il semblerait que la fédération de ces derniers (la RFU) ait l’intention de créer un Championnat franchisé afin de pouvoir gérer les joueurs internationaux comme bon lui semble (à l’instar des nations de l’hémisphère sud), ceci, bien entendu, aux dépens des clubs et de leurs président…
Les accords de Paris signés en 1999 sur l’organisation des Coupes d’Europe arrivant à échéance à la fin de cette saison, les négociations reprennent : les clubs anglais et français exigent d'être davantage impliqués dans l'organisation et la gestion des compétitions européennes, notamment – pour les clubs français, afin d’éviter d’avoir un calendrier surchargé comme celui de l’année prochaine avec la Coupe du Monde…
Enfin (business business…), je pense qu’il est important de dire que le contrat de diffusion du Top 14 avec Canal + arrive à expiration : cette chaîne ayant pour le moment l’exclusivité sur ce championnat (France 2 n’ayant des droits que sur la H-Cup, TF1 sur la prochaine Coupe du Monde), il serait dommage pour les clubs de perdre la valeur de ce contrat… En boycottant la Coupe d’Europe l’année prochaine, l’accent serait ainsi remis sur le Top 14 qui suivra la Coupe du Monde, et les négociations quant au prix du droit de diffusion avec exclusivité (voire une mise en concurrence entre Canal + et France 2, qui s’intéresse de plus en plus au rugby) seraient ainsi en bonne voie – ce qui explique d’ailleurs que les clubs ont été unanimes sur cette décision, alors que certains auraient tout intérêt à participer à cette compétition.
Tout ça n’est en réalité pas bien nouveau, n’a-t-on jamais entendu les présidents des clubs se plaindre de l’indisponibilité (due à la fatigue et/ou aux blessures) de leurs joueurs internationaux, ne serait-ce que ces deux dernières saisons alors qu’il n’y avait même pas de Coupe du Monde ? Si cela est en train de prendre une telle ampleur, c’est par un malheureux concours de circonstances – qui ne sera certes pas sans conséquences dans le monde du rugby, notamment si l’idée de la RFU se concrétise…
En tout cas, je serais personnellement attristé de ne pas voir les clubs de rugby français participer à la Heineken Cup 2007-2008, et ce pour deux raisons :
- J’estime qu’une Coupe d’Europe (et une Coupe en général) reste toujours plus passionnante qu’un championnat, et je serai triste de voir qu’une équipe comme Clermont – qui est en train de se retrouver cette année, ne puisse pas confirmer ses exploits sur le plan international ;
- Si les droits de diffusion restent tels quels, je suis bon l’année prochaine pour me contenter de voir les matches de la Coupe du Monde, puis de suivre l’évolution du rugby le reste de l’année sur le journal…
Bref, j’espère égoïstement qu’une chaîne non payante puisse récupérer des droits sur la diffusion des matches de rugby (ou, tout au moins d’un droit à un résumé sérieux – pas comme l’actuel « Rencontres à XV » - très pauvres en images, même si ce n’est pas de leur faute), et que ces menaces de boycott ne sont que des menaces en l’air, ou en tout cas qu’elles porteront leurs fruits afin que l’on puisse avoir droit à de magnifiques matches de rugby à la télévision les années à venir.
18 décembre 2006
Barthez : le divin chauve sort le canari de sa cage ?
L’actualité footballistique de la semaine est rythmée par le retour sur les terrains de notre divin chauve national.
En effet, ce dernier sort de sa « pseudo retraite », assorti d’un contrat de 18 mois minimum pour venir en aide à une piteuse équipe de Nantes.
Nantes actuel 19 ème du championnat de France avec 14 points attend avec impatience ce renfort de choix, qui cependant n’effectuera son premier match qu’après la trêve hivernale.
Barthez s’offre un nouveau challenge avec une grande responsabilité sur ses épaules : sauver Nantes de la relégation.
Mais est-ce que la seule aura de l’ancien meilleur gardien du monde de la fin des années 90, suffira t’elle à donner des ailes à un canari qui s’est pris quelques plombs dans ces dernières ? Rien n’en est moins sûr !
Il est pourtant fait avéré que quand toute une défense a confiance en son gardien, elle peut mieux gérer son rôle principal qui est de stopper les tentatives d’attaques adversaires, sans être constamment en train de se retourner pour vérifier que son dernier rempart est mal placé ou que sais-je…
Il est vrai également que lorsqu’un défenseur moyen est transcendé par l’aura d’un joueur (ancien champion du monde de surcroît), celui-ci devient alors un bon défenseur grâce à la confiance générée.
On peut penser que son influence, son expérience et son talent peuvent aider et redresser l’équipe nantaise.
Petite parenthèse personnelle : ce dernier n’a pas fermé les portes de l’équipe de France en signant son retour. Il serait hilarant que notre divin chauve donne des cheveux blancs à un Grégory Coupet, trop sûr de lui, en lui reprenant la place de gardien numéro 1.
Mais à ce niveau de jeu et surtout avec le colossal retard que Nantes à pris dans notre championnat (12 buts marqués pour 23 encaissés !!!!), Barthez peut-il suffire à lui tout seul à repousser les spectres d’une relégation que certains analystes annoncent certaines ?
D’autant plus dur pour un joueur de 35 ans qui a arrêté de jouer au niveau professionnel depuis 6 mois.
Il serait une erreur et un excès d’optimisme de penser que sa seule venue suffise à gommer toute la fracture psychologique que les joueurs nantais ont emmagasiné depuis cette moitié de parcours. Entre le changement d’entraîneur, la colère des supporters, la mauvaise gestion de l’équipe dirigeante il y a de quoi être assorti au maillot et attraper la jaunisse.
Je m’en remets donc à votre avis et à vos plumes pour savoir si son retour est synonyme de renaissance ou tous simplement de dernier espoir avant la relégation pour Nantes…
14 décembre 2006
Portrait de Sébastien Chabal
Comment appelé un rugbyman d’un mètre quatre-vingt onze et de cent six kilos ?
Monsieur ? Oui, certainement si on est en face de lui ; le taureau, le « shark » proposeront certains journalistes (Sébastien Chabal joue actuellement dans l’équipe des Sale Sharks) ; ou bien « cartouche », comme l’ont surnommé les joueurs du Top 14.
Il faut dire que lorsque ce joueur français de 29 ans se lance droit dans la défense adverse après un maul ou une mêlée ouverte, il fait gagner deux bons mètres à son équipe… Pas très stratégique me direz-vous ? Détrompez-vous, non seulement deux mètres peuvent être décisifs (d’autant plus si on les cumule avec les temps de jeu), mais pour arrêter une telle charge, les adversaires sont obligés de creuser les écarts sur le reste de la largeur du terrain.
De plus, lorsque Cartouche plaque, la violence du « tampon » fait souvent lâcher le ballon à son adversaire, augmentant ainsi les chances à l’équipe du malheureux de perdre le ballon.
Redoutable physiquement, donc ; mais pas seulement : véritable génie du jeu, il est le seul lors du match Sale Sharks – Stade Français dimanche dernier à avoir anticipé une passe, intercepté le ballon, et courir seul une bonne partie du terrain pour aller inscrire un essai. Et ce, malgré les crampes qui l’avaient déjà mis à terre quelques minutes plus tôt… Ce fut d’ailleurs sa dernière action du match : d’abord étiré sur le terrain, il sera bientôt emmené sur le côté. Il aura en tout cas permis à son équipe de revenir à moins d’un essai – même non transformé, du Stade Français (16-20) et d’éventuellement décrocher le point de bonus défensif (à défaut de pouvoir gagner le match).
On sait que ce ne sera pas le cas puisque – pour notre plus grand plaisir, Julien Saubade interceptera à son tour une passe et ira marquer un essai juste avant la fin du match.
Sébastien Chabal reste tout de même un excellent élément, et en accomplissant une magnifique prestation dimanche, il a voulu (et réussi à) se démarquer afin de se monter à la France. Il a déjà été sélectionné dans le XV de France, et en attendant de voir si Bernard Laporte le sélectionnera pour la prochaine coupe du Monde, vous pourrez toujours le voir jouer (sauf imprévu) lors du match retour de la coupe d’Europe ce week-end.
28 novembre 2006
Coupe du Monde… des clubs !
Après avoir eu des débuts pas très prometteurs dans le monde du football, voici que le championnat du monde des clubs refait surface, dans le rugby cette fois.
L’idée - proposée par le président de la Ligue Nationale de Rugby, a récemment été soutenue par Bernard Laporte. En effet, l’entraîneur du Quinze de France estime qu’ « il faudrait faire en sorte qu’ils [les joueurs du Top 14] affrontent les équipes du Sud, car c’est là que se trouvent les meilleurs. ».
M. Laporte pense donc que des rencontres plus régulières entre les Français et les joueurs des autres pays pourraient amener son équipe à mieux rivaliser contre elles. Il faut dire que les récents résultats de la France face à la Nouvelle-Zélande - sévèrement critiqués par les journalistes sportifs français (peut-être un peu trop sévèrement comparé aux deux dernières prestations du Quinze à mon avis ; mais sûrement nécessaire s’il veut rester compétitif durant la coupe du monde 2007), ont amené l’entraîneur à se poser quelques questions…
Je dois dire que je trouve que l’idée en soi n’est pas mauvaise, mais rajouter une compétition, n’est-ce pas trop ? L’entraîneur de Toulouse se plaint déjà du mauvais calendrier, qu’en serait-il s’il y avait une compétition supplémentaire ?
Faire jouer les joueurs afin de mieux les entraîner, oui ; mais à trop vouloir proposer de compétitions différentes aux spectateurs, le rugby ne risque-t-il pas de tomber dans l’ultra commercial qui a déjà causé (pour certains puristes) la mort du football ?