Le grand salon de discussion

Discuter d'actualité, de politique, de philosophie

09 novembre 2006

Enfin une bonne nouvelle !

J’aime bien les périodes préélectorales parce les différents gouvernements regorgent soudainement de bonnes idées. Dernier évènement en date, Dominique de Villepin (en quête de popularité afin de pouvoir éventuellement se présenter l’année prochaine) propose de réformer le permis à point… Cependant, la bonne nouvelle ne l’est en fait qu’en partie, puisque seulement les petites infractions (ne coûtant qu’un point) pourront être « effacées » au bout d’un an (au lieu de trois actuellement), à condition bien sûr qu’aucune autre infraction ne soit commise. De plus, le permis des jeunes conducteurs sera porté progressivement à douze points (à raison de trois points par an, au lieu de six points au bout de trois ans actuellement). Ce n’est donc, à regarder de plus près, pas grand-chose. Mais c’est déjà ça : de quoi se demander si on ne devrait pas organiser des élections présidentielles chaque année !

Néanmoins, il faut bien dire que ce n’est pas non plus anodin si le gouvernement propose cette réforme cinq ans après avoir raffermi les sanctions envers les infractions au code de la route : le nombre de morts sur la route ayant considérablement diminué, le gouvernement peut se permettre (maintenant que l’heure du bilan a sonné) de faire de belles promesses pour les années à venir. Cela ne nous amènerait-il pas à penser que ce ne sont pas forcément les propositions qui font le plus plaisir qui sont bonnes pour le bien-être du pays ? A méditer…

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06 novembre 2006

Gygès, ou le mythe du seigneur des anneaux

Gygès était un berger. Un jour d’orage, il vit la terre s’ouvrir devant lui. En entrant dans la crevasse ainsi créée, il découvre un cadavre muni d’un anneau. Gygès s’empare de l’anneau et remonte à la surface.
Plus tard, alors qu’il se trouve au milieu d’une assemblée, il se rend compte qu’en tournant la bague autour de son doigt, il devient invisible. Exalté par ce pouvoir, il en profite pour tuer le roi afin de prendre sa place et coucher avec la reine.
Son don lui assurant l’impunité, Gygès deviendra un criminel.

Cette histoire ne serait pas sans rappeler un célèbre livre écrit par John Ronald Reuel Tolkien ; pourtant, le mythe de Gygès a été écrit par Platon dans son livre II de La République au IVe siècle avant Jésus Christ ! Fidèle à ses habitudes, Platon ne rédige pas cette anecdote en son nom propre, mais la fait raconter par Glaucon, qui espère ainsi montrer que l’Homme n’est pas naturellement juste.
C’est amusant parce que ce débat date d’au moins vingt-cinq siècles, et il pourrait toujours être d’actualité aujourd’hui …
En fait – et pour tout dire, je serais sur ce point plutôt d’accord avec lui, car si l’Homme était naturellement bon, toutes les horreurs qui ont ponctué notre Histoire et qui continue d’entacher notre actualité quotidienne n’existeraient pas.
Je pense en effet que si l’être humain se comporte de manière correcte la plupart du temps, c’est essentiellement par crainte du châtiment. Un exemple (beaucoup plus contemporain) pourrait venir appuyer ma thèse : celui du téléchargement sur internet.
On pourrait être amené à croire qu’un personne qui n’a jamais rien volé de sa vie est de nature bonne ; mais cette même personne n’a-t-elle jamais télécharger illégalement sur internet (à condition, bien entendu, qu’elle en ait eu l’occasion) ? Je pense que très peu de personnes auxquelles je poserais la question ne pourrait me répondre par la négative (moi le premier). Ceci montre bien que si ces personnes n’ont jamais causé directement de tort à d’autres personnes, elles sont tout à fait capables de le faire de manière indirecte, parce qu’elles ont beaucoup plus de cran lorsqu’il y a moins de risque, ou parce qu’elles n’ont pas l’impression que ce qu’elles font est immoral…
Ainsi, pour moi, l’Homme ne peut être naturellement juste.
Notez que je parle ici de la nature de l’Homme au sens général, et ne remets nullement en cause qu’il existe des personnes dévouées au bien qui seraient véritablement dignes du mot « bon ».

Vos opinions seront - comme toujours, les bienvenues.

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31 octobre 2006

En plein coeur de la violence

        Samedi dernier, peu après 21h, un bus marseillais a été pris dans un guet-apens organisé par 3 jeunes. Ceux-ci ont forcé les portes du bus, avant d’en asperger d’essence l’intérieur et d’y mettre le feu sans que les passagers aient eu le temps de descendre. Résultats : trois personnes légèrement blessées, mais surtout une jeune étudiante sénégalaise de 26 ans, Mama Galledou, brûlée à 70%, et toujours entre la vie et la mort au jour d’aujourd’hui.
Cet acte odieux me fait réagir pour différentes raisons que je vais étayer ci-dessous :

1. Cette histoire est très certainement parvenu à vos oreilles, et vous savez sûrement que les auteurs de ces actes criminelles sont des mineurs de 14 ans environ. Vous avez dû entendre également des débats à la radio, où nombre de commentateurs ou d’intervenants disaient « il ne faut pas oublier d’où viennent ces jeunes, de milieux défavorisés … ». Je pense que de tels actes ne sont pas excusables, il ne s’agit plus d’insulte verbale mais bien d’agression gratuite et préméditée, et sur ce plan je rejoins Nicolas Sarkozy lorsqu’il déclare "il faut en finir avec cette culture de l'excuse permanente (...) le chômage, les discriminations, le racisme, l'injustice, ne sauraient excuser de tels actes".
        Je tiens également à souligner que ces jeunes, qui crient haut et fort qu’ils sont exclus de la société, contribuent à l’exclusion des quartiers défavorisés, car la réaction, fort justifiée, de la RATP est de ne plus desservir certains quartiers à risques.
        Je rajouterais juste un mot sur le milieu de vie dans les HLM : comment pouvez-vous m’expliquer que certaines personnes ayant été élevé dans les mêmes conditions difficiles s’en sortent et deviennent des gens responsables (et j’ai beaucoup d’exemple dans mon entourage), pendant que d’autres passent leur temps à casser, à dégrader le lieu où ils vivent, ou encore à brûler les voitures de leur voisin qui sont dans la même misère qu’eux.

2. La justice française est tellement bien faite, que les mineurs impliqués dans cette affaire sont protégés par une ordonnance datant de 1945, qui grosso modo les rends quasiment intouchables. Je suis scandalisé de voir qu’en France un mineur n’est pas responsable de ses actes. Ces criminels ont préparé un plan, puis l’ont exécuté et vous voulez me faire croire qu’ils n’étaient pas conscients de se qu’ils faisaient ? Il ne faut pas oublier que dans cette affaire une femme va peut-être y laisser la vie, et que quoiqu’il arrive elle en aura des séquelles irrémédiables. Cette victime aurait pu être vous. Pour ma part, je pense que ces délinquants méritent une lourde peine de prison, sans relaxe dontnous savons la justice française spécialiste. Je pense qu’il faut très fortement revoir le système juridique français pour pouvoir espérer un jour retrouver la sérénité et la sécurité dans nos rues.

3. Je suis choquée de voir que de telles horreurs font le bonheur de l’opposition (PS). Ca me débecte de voir que les gens, au lieu de proposer de véritables solutions pour résoudre le problème non négligeable de l’insécurité, profitent qu’une femme soit entre la vie et la mort pour tirer la couverture vers soi dans le seul et unique but de viser la place présidentielle. Quand je pense qu’il y a un an Nicolas Sarkozy avait été pris pour cible pour avoir prononcer le mot « Racaille », je crois que les propos tenus par Laurent Fabius sont tout autant choquant notamment lorsqu’il emploi le mot « Salopard ».
Je tiens simplement à signaler que les problèmes de sécurité en France ne datent pas d’hier, mais bien de 30 ans (notamment avec les zones de non droit) et que, en ce sens la Gauche comme la Droite ont contribué au bourbier dans lequel nous sommes à l’heure actuelle. Je suis consciente que le problème ne se résoudra pas du jour au lendemain, mais il se résoudra sûrement plus vite en réunissant nos idées de gauche comme de droite.

Je voulais vous dire que ce poste est un véritable cri du cœur, un ras-le bol général de voir la violence monter en puissance, de voir les politiques crier qu’ils ont la solution mais que finalement les choses s’empirent. J’espère de tout cœur, pour nos futures enfants, un avenir meilleur.

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26 octobre 2006

Patriotisme économique contre mondialisation

C’est désormais officiel, c’est le groupe canadien Bombardier qui récupère le marché du remplacement des trains Transilien aux dépens du français Alstom, un marché d’environ 4 milliards d’euros pour la SNCF

Cette annonce a fait du remous dans nos politiques : où est passé le patriotisme économique ?

Il faut dire que devant une offre d’environ 10% moins chère – soit approximativement 40 millions d’euros d’économie, on comprend le choix la SNCF : certains diront que cela apprendra à Alstom que la mondialisation est bien une réalité, et qu’il n’avait qu’à mieux considérer son offre…

Mais Alstom avait-il réellement prévu une marge si gigantesque par rapport à son concurrent ? Rappelons tout de même qu’il y avait également en compétition un groupe allemand – les prix devaient donc être fortement réfléchis avant d’être proposés ; je pense qu’il est important de signaler (et Alstom ne s’en est pas privé) qu’au Canada, les travaux publics sont effectués par des entreprises canadiennes sans appel d’offre, ce qui signifie que les entreprises peuvent (certes, cela ne signifie pas qu’elles le font forcément) prendre des chantiers à forte marge dans leur pays, ce qui leur permet(trait) ensuite de travailler à très faible marge à l’étranger…

J’exagère volontairement, mais ne se rapproche-t-on pas ici de ce que l’on reproche à la Chine, à savoir casser les prix afin de favoriser son économie ?

La mondialisation, oui. Mais à quel prix ? Faut-il la privilégier aux dépens de l’économie des entreprises nationales lorsque les autres pays ne respectent pas eux-mêmes les règles ?

Le débat est lancé…

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21 octobre 2006

Pendant ce temps, dans le reste du Monde…

Tandis que nos représentants politiques (de gauche comme de droite) se disputent la place pour la candidature pour les élections de l’année prochaine – c’en est presque ironique, le reste du Monde continue son petit bonhomme de chemin… Rien que cette semaine, deux décisions – et pas des moindres, ont été prises :

Aux Etats-Unis d’Amérique, une loi vient d’être signée par Georges W. Bush, une loi qui tend à protéger les USA. Protéger en autorisant les prisons clandestines telles que celle de Guantanamo, en autorisant les procès non équitables pour les terroristes et en autorisant la « contrainte » sur les prisonniers… Un magnifique bafouage des Droits de l’Homme qui reste majoritairement populaire aux USA, et qui renforce l’actuel Président pour les prochaines élections.
Les Etats-Unis, grande puissance et arbitre autoproclamé de ce Monde, vont combattre les ennemis de la démocratie avec leurs propres méthodes, et en imposant au Monde entier leurs décisions… Où est passée la morale qu’ils nous glissaient dans les comics à l’époque (de la guerre froide) où ils avaient une puissance susceptible de rivaliser avec eux ?
Inutile de dire que si un Français veut partir là-bas, en plus du fait qu’il devra attendre des heures, des jours, des semaines et des mois pour se faire délivrer un passeport suffisamment acceptable pour l’Oncle Sam, n’a pas intérêt à prononcer le mot « bombe » dans un aéroport, car avec cette nouvelle loi, les choses risquent fort de se dérouler encore plus mal cette fois…

L’Organisation des Pays Exportateurs de Pétrole (l’OPEP) a décidé de diminuer sa production de pétrole, officiellement parce que l’offre est devenue trop importante par rapport à la demande, et qu’il faut rééquilibrer le marché si on ne veut pas plus le fragiliser.
Traduit en bon français, cela ne veut rien dire de plus que diminuer l’offre afin de faire remonter les prix qui étaient en chute depuis quelques mois… Ainsi, nous n’étions pas encore revenu au niveau d’il y a quelques mois que les pays exportateurs de pétrole décident de remonter les prix, sans aucune autre raison que le fait de vouloir s’enrichir un peu plus.
Que pouvons-nous faire face à cela ? A notre niveau, rien, si ce n’est enfourché notre bicyclette pour aller au travail dès Lundi ; au niveau de nos dirigeants ? Rien non plus, hélas, si ce n’est accélérer les choses pour trouver au plus vite une énergie qui se substituerait à ce que l’on appelle « l’Or Noir », et – tant qu’à faire, une énergie nationale si possible, afin d’éviter d’être à nouveau dépendant des autres grandes puissances de ce Monde.

Quel que soit le requin qui aura eu les dents les plus longues pour se faire élire l’année prochaine, j’espère de tout mon cœur qu’il saura faire de la France une puissance capable, sinon de rivaliser, au moins de ne pas se laisser marcher sur les pieds par les autres pays de ce Monde de barbares…
Je suis nationaliste ? Au niveau économique, oui. Et lorsqu’il s’agit de défendre les Droits de l’Homme dans le reste du Monde, je dois dire que je suis fier de vivre en France…

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13 octobre 2006

Ségolène Royal, ou l’art de l’esquive

Tout le monde, même ceux qui s’intéressent peu à la politique, sait qui est Ségolène Royal : c’est la présidente socialiste du Poitou-Charentes, candidate à l’investiture socialiste ; compagne de François Hollande – Premier secrétaire du Parti Socialiste, elle a su surfer sur la vague de popularité que les médias ont créé sur sa personne (un peu comme est en train de le faire actuellement Michèle Alliot-Marie, qui joue sur les effets d’annonce des médias quant à sa potentielle candidature) pour en arriver là où elle est, et c’est peut-être tant mieux pour le PS - qui manquait cruellement depuis le départ de Lionel Jospin d’une figure emblématique à afficher face à l’UMP et notamment à Nicolas Sarkozy.

L’ennui, c’est que Mme Royal est loin de faire l’unanimité au sein de son propre parti, lorsque l’on parle de son programme (bien qu’il faille reconnaître que certains n’ont pas attendu qu’elle ouvre la bouche pour la critiquer), les opinions commencent à diverger : certains diront que son programme est celui du Parti Socialiste (« Mon programme sera socialiste » avait-elle lancé il y a quelques mois, non sans allusion à Lionel Jospin – qui, emporté par son élan d’égocentrisme, avait déclaré le contraire en 2002) ; en effet, mais elle a aussi rajouté quelques (rares ?) idées personnelles qui sont innovatrices pour ses sympathisants, droitisantes pour ses opposants.
Il est vrai que si aucun sujet n’appartient à un groupe politique (seulement les solutions que l’on y propose), il faut tout de même dire que les solutions de l’admiratrice du parti travailliste de Tony Blair en Grande-Bretagne (qui a – entre autres, supprimé le chômage à ceux qui refusent une offre d’emploi ; totalement écarté les partis et les idées communistes de son programme et porté très haute la précarité des emplois) envers l’insécurité (encadrer les jeunes délinquants par des militaires) et ses critiques envers les trente cinq heures ne sont pour le moins pas très gauchisantes.
Passons. Ce que je trouve amusant, c’est que Ségolène Royal se retrouve ironiquement la cible des gauchos (« Ces pauvres mecs endoctrinés », disait Renaud il y a bien longtemps, en les plaçant au même niveau que les fachos), qui, il n’y a pas si longtemps, s’attaquait à la droite, tentant de l’assimiler à l’extrême droite… Si notre actuel ministre de l’Intérieur est un facho ou un lepéniste de part ses solutions (certes discutables) sur l’insécurité et surtout l’immigration ; la Présidente du Poitou-Charentes est quant à elle devenue une nationaliste…

Toujours est-il que face à ces attaques (de très haut niveau), Mme Royal n’a rien trouvé de mieux à faire que d’hésiter quant à sa présence à tous les débats que le PS a organisé avant le vote des militants pour l’investiture socialiste (prévu début novembre), sous prétexte qu’elle ne souhaite pas être « ballottée » - pour sûr que ce genre d’attaque doit la changer de son petit cocon familial.
Ce que Ségolène Royal a dû oublier - ou en tout cas ce qu’elle a dû prendre en compte tout en se disant que ce serait toujours moins mauvais pour son image (le seul et unique débat auquel elle a pu assister – bien que présente uniquement lorsqu’elle parlait, ne lui a pas été très avantageux), c’est que ce que ses opposants lui reproche, c’est aussi de ne pas avoir de véritables idées, que ses théories ne sont que des phrases toutes prêtes, et qu’elle serait incapable de tenir un débat d’idées… Difficile, dans des cas pareils, de ne pas être d’accord avec ces derniers.

Désolé, Mme Royal, mais vous êtes ma cible du jour, parce que lorsque l’on prétend avoir la carrure nécessaire pour assumer la Présidence d’une République comme la France, il faut savoir faire face à ses ennemis et non pas se cacher derrière des prétextes comme celui de l’unité du Parti (« J’ai l’impression que la machine à perdre est lancée ») ; car si les socialistes – bien que j’imagine que votre dernière sortie ne doit pas spécialement les encourager à voter pour vous, vous choisissent pour aller aux élections présidentielles, il faudra bien que vous vous confrontiez aux autres candidats qui, soyez-en sûre, seront bien moins tendre que vos confères, d’autant plus qu’il ne s’agira plus de critiquer les positions des uns et des autres, mais bien de défendre vos propres positions.
Pire, si c’est vous que les Français éliront comme Présidente, j’ose à peine imaginer de quelle manière vous aller défendre la place de notre pays dans le Monde…

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02 octobre 2006

La liberté d’expression

Les Juifs sont des êtres inférieurs, je ne peux pas me blairer les Noirs, et encore moins les Arabes ! Tous ces rebuts débarquent en France et font s’écrouler l’économie de notre beau pays… Ne venez pas me dire d’aller voter Le Pen, aucun homme politique qui souhaite se faire élire démocratiquement ne pourra jamais sortir le pays de cette situation : aux armes, mes compatriotes ! En avant vers la Révolution !

Si j’avais commencé mon post par de tels propos (comment ça, c’est ce que je viens de faire ? ;-)), j’aurais sans aucun doute été censuré (en tout cas, le temps que le site d’hébergement en soit informé) ; et pourtant, si c’était ce que je pensais, ce serait une belle entrave au principe de la liberté d’expression… Malgré tout, cela ne serait pas possible - en France, tout simplement parce qu’il y a des limites à cette liberté d’expression.
Pourtant, un philosophe du nom de Robert Redeker a récemment publié un texte sur l’influence de l’Islam sur la civilisation occidentale, sans pour autant en être inquiété, alors que ce texte est une véritable incitation à combattre l’islamisation de la France (tiens, ça me rappelle quelque chose), puisqu’il n’hésite pas à affirmer que l’islam tente
« d’étouffer ce que l’Occident a de plus précieux qui n’existe dans aucun pays musulman […] d’obliger l’Europe à se plier à sa vision de l’homme » et qu’il « essaie d’imposer à l’Europe ses règles » ; est intolérant vis-à-vis de la religion musulmane (« chef de guerre impitoyable, pillard, massacreur de juifs et polygame, tel se révèle Mahomet à travers le Coran » - oui, quoique ça dépend de l’interprétation que l’on peut en faire, mais et alors ? Mahomet est représenté différemment de Jésus, est-ce une raison pour porter un jugement sur cette religion ? Sur leur civilisation ?) et – pire, irrespectueux (« Jésus est maître d’amour, Mahomet est un maître de haine » - sans commentaire…). L’auteur tente également, à travers des exemples plus que douteux, de faire croire que notre système, basé sur des valeurs telles que la tolérance, est en train de se soumettre aux diktats de l’islam.
Enfin, il compare les pratiques qui se déroulent à La Mecque (on n’est plus en Europe, ce qui montre bien, je pense, jusqu’où est capable d’aller l’auteur pour piquer les islamistes) aux religions judaïque et chrétienne afin d’en montrer la différence et, bien évidemment, nous montrer à quel point elles en sont inférieures («
proche de la barbarie »).

Si je dois reconnaître que les réactions de la société musulmane face à ces attaques gratuites ont été démesurées (puisque son auteur a reçu des menaces de mort), je dois dire que le comportement de M. Redeker n’est pas pour autant plus glorieux : celui qui est déjà renommé comme étant un grand polémiste a, délibérément, écrit cette chronique - connaissant les réactions qu’elle allait provoquer (il n’y a qu’à regarder celles qu’ont provoqué les caricatures de Mahomet, il y a quelques mois), afin de se faire de la publicité. Je pense que jouer avec les croyances d’un peuple dans le seul but de provoquer, surtout lorsqu’on voit la colère et le nombre de morts que cela peut engendrer est pour moi totalement irresponsable. De plus, l’attitude du Figaro (également attiré par l’argent) de publier ce genre de propos est vraiment honteuse, d’autant plus qu’il se cache maintenant derrière la liberté d’expression. Pourtant, je pense que les journalistes du Figaro seraient les premiers à crier au scandale si des propos tels que j’ai pu écrire dans le premier paragraphe étaient publiés…
Ces gens-là veulent de la liberté d’expression ? Voilà mon opinion : Robert Redeker aurait mieux fait de se taire et d’aller voter pour Philippe de Villiers sans rien dire à personne, car c’est exactement le genre de propos qu’il a tenus qui mène vers un conflit de civilisation. La France a été assez intelligente pour supprimer les propos racistes et injurieux de la liberté d’expression (ce qui n’est pas le cas dans toutes les démocraties), il serait peut-être aussi temps qu’elle interdise les propos intolérants, irrespectueux et irresponsables…

Je pourrais écrire des pages et des pages à ce sujet, mais je préfère laisser la place à vos réactions, qui seront évidemment les bienvenues.

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29 septembre 2006

Le gouvernement fait du zèle

Tandis que tous les yeux (en tout cas ceux des journalistes) sont tournés vers le PS - dont la date officielle des dépôts des candidatures à l’investiture approche, afin de voir si d’autres éléphants – à l’instar de Lionel Jospin, vont se « sacrifier » afin de ne pas diviser leur parti (je vous accorde que c’est plutôt mal engagé, d’autant plus que cela ressemble plutôt à une bonne excuse pour ne pas affronter une nouvelle défaite) ; l’UMP tente également d’attirer  - en bien, cela va de soi, l’attention sur lui.

Ainsi, nous avons pu entendre Jacques Chirac affirmer que les pensions des soldats des anciennes colonies seront revalorisées par rapport à celles des Français (de la métropole), une décision qui aurait dû couler de source depuis près de cinquante ans mais dont l’éloge reviendra à notre Président de la République actuel… Une belle manœuvre selon moi puisque, en plus, la revalorisation ne prendra effet qu’à partir de janvier 2007, et coûtera ainsi 110 millions d'euros par an au gouvernement qui succèdera à l’actuel.

M. Chirac a annoncé que c’était après être allé voir l’avant-première du film « Indigènes » - qui l’a fortement ému, qu’il avait pris la décision de réparer cette injustice… Mais il faut bien dire qu’au vu de l’état des relations entre la France et l’Afrique, cette décision tombe à pic. Coïncidence ?

Cependant, je souhaite ne pas être trop sévère envers Jacques Chirac, car il faut bien dire que cette décision a du mérite, et ce, même s’il y aura toujours des insatisfaits (il est vrai que nombre d’anciens combattants des colonies françaises ne sont malheureusement plus de ce monde pour profiter de la réparation de cette injustice mais, si elle arrive tard, je n’irais pas jusqu’à dire comme eux qu’il est TROP tard).

De même, nous avons pu entendre le week-end dernier Thierry Breton annoncer que la France sera équipée d'ici à la fin de 2007 de 500 pompes pour distribuer un carburant composé à 85 % d'éthanol et à 15 % d'essence (l’E85) dans « l'intérêt du pouvoir d'achat des Français, de notre indépendance énergétique et de nos filières industrielles ».

Etant, comme bon nombre de Français je pense, devenu regardant sur le prix du carburant depuis quelques temps, je dois dire que j’ai plutôt bien accueilli cette nouvelle ; malheureusement, si le gouvernement (et son opposition) étaient si discrets sur ce point, c’est parce que lorsque l’on entre dans les détails, on déchante très vite.

En effet, l’utilisation de ce bio-éthanol nécessite que le véhicule soit équipé d’un « flex-fuel », qui permet de rouler aussi bien avec ce bio-carburant, mais aussi au super sans-plomb… On peut donc oublier (en tout cas pour le moment) le bio-carburant diesel ! Mais ce n’est pas tout : le ministre de l’économie pense faire vendre 0.80 centimes d’euro le litre d’E85, afin qu’il soit à la pompe au même prix que le gazole ; l’ennui, c’est que le rendement du bio-éthanol est moindre que celui du gazole, et devrait donc plutôt être vendu 0.60 centimes le litre pour être rentable, ce qui est impossible puisque c’est le prix approximatif auquel il reviendra aux agriculteurs. Tout dépendra alors de la baisse de la TIPP sur ce produit annoncée par le gouvernement sans pour autant avoir été chiffrée…

Lorsqu’on se rappelle le prix du gazole comparé au super il y a quelques années, on devine vite à quel point cette nouvelle et tout au plus minime différence va durer (si tant est qu’elle sera ne serait-ce que significative).

Navré, M. Breton, mais vous êtes ma cible du jour, car si je dois investir dans un véhicule flex-fuel, donc sans plomb (avec tous les inconvénients que cela entraîne), payer mon carburant aussi cher (voire plus d’ici quelques années) que le diesel actuel, uniquement dans le but de réduire la dépendance aux hydrocarbures importés, d’autant plus que le bio-carburant restera moins cher au brésil et risque donc, à terme, de créer une nouvelle dépendance ; excusez-moi de n’y trouver qu’une bien piètre consolation…

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27 septembre 2006

Le bonheur, désespérément – André Comte-Sponville (Librio)

scan0001Cet ouvrage est la transcription d’une conférence qu’avait donné dans le cadre des « Lundis philo » André Comte-Sponville, philosophe français qui, comme bon nombre de philosophes - inspirés par Spinoza, voit le bonheur dans une certaine forme de désespoir… Non pas de désespoir dans le sens où quelqu’un est désespéré au point de vouloir tout abandonner, mais désespoir dans le sens où nous n’aurions plus rien à espérer si nous nous sentions comblés. C’est là tout ce que j’aime dans la philosophie : cette façon de détourner les mots de leur sens commun afin d’en approfondir la signification et d’en trouver une autre (la vraie ?).

L’auteur commence son essai en nous exposant sa définition de la philosophie, à savoir que – fortement inspiré d’Epicure qu’il va légèrement corriger, « la philosophie est une activité qui, par des discours et des raisonnements, tend à nous procurer la vie heureuse ». La philosophie recherche donc le bonheur, mais pas n’importe lequel : le bonheur dans le vrai.
C’est déjà un grand pas en avant comparé à ce que le « maître » de M. Comte-Sponville – Marcel Conche, écrivait, à savoir que « la philosophie n’a pas en vue le bonheur » (seulement la vérité)… Je vois mal en quoi la philosophie est à la recherche de la seule vérité - question on ne peut plus abstraite pour moi, et surtout comment elle pourrait arriver à la découvrir, car, après tout, qu’est-ce que la vérité ? Ne dit-on pas qu’il n’y a pas une mais plusieurs vérités ? Celles que chacun se fait des choses ? Bref, le bonheur et la vérité ne sont pas le sujet d’aujourd’hui.
André Comte-Sponville nous explique donc comment, à ses yeux, l’espoir peut nous faire passer à côté du bonheur. En effet, qu’est-ce que l’espérance ? Je dois dire que sa définition m’a plu : l’espérance, c’est un désir ; mais tout désir n’est pas forcément une espérance… Pour qu’un désir devienne espérance, il faut tout d’abord que ce soit quelque chose qui nous manque (sinon, ce serait un plaisir) ; ensuite, il faut que ce soit quelque chose que nous ignorions (sinon, nous n’espérerions pas, nous nous languirions) ; enfin, il faut que ce soit quelque chose qui ne dépende pas de nous (sinon, c’est quelque chose que nous voudrions faire), ainsi, « espérer, c’est désirer sans jouir, sans savoir, sans pouvoir ». C’est pourquoi trop d’espérance nous fait manquer le bonheur de jouir de ce que l’on possède au présent.
Apprendre à agir, à faire ce que nous voulons - voire ce que nous désirons, à moins espérer le bonheur est le meilleur moyen de le vivre.
L’essai est suivi d’une série de questions à l’auteur qui lui permettent de mieux étayer et exposer sa théorie, et que je n’aborderai pas ici : j’ai tenté d’en résumer les grandes lignes, je vous laisse le plaisir de lire son œuvre en intégralité si celles-ci vous ont interpellés.

Je dois bien dire que la théorie d’André Comte-Sponville est une belle invitation à profiter de l’instant présent (à l’instar de ce que disaient les philosophes grecs – les stoïciens), et à aimer chacun des moments de sa vie, car nous n’en avons qu’une.
Cependant, mais cela n’est que mon opinion personnelle, permettez-moi d’y émettre deux objections :
- Premièrement, s’il est vrai que trop d’espérance nous fait manquer le bonheur de l’instant présent, je ne serais pas aussi sévère que l’auteur envers l’espoir. En effet, je pense que l’espoir a sa place dans la vie : tout d’abord parce qu’il y a des moments où l’espoir est tout ce qu’il nous reste, et il nous permet de nous rattacher à quelque chose alors que tout semble s’écrouler autour de nous ; ensuite parce que je pense – comme le précise si bien l’auteur, qu’espérer quelque chose, c’est aussi craindre son contraire, et craindre quelque chose peut nous aider – dans certains cas, à anticiper le fait qu’elle arrive et donc à mieux l’affronter. Espérer, à petite dose, c’est apprendre à faire des projets, à se fixer un but, indispensables selon moi dans la vie d’aujourd’hui ;
- 
Deuxièmement, et je trouve amusant que cette théorie ait été écrite par quelqu’un qui a des origines politiques communistes, car elle me rappelle justement le communisme : comme lui, cette théorie est excellente dans l’absolu, mais c’est sans compter sur la nature « humaine » de l’Homme. L’espoir fait partie de la nature de l’Homme, le combattre - en plus d’être peine perdue d’avance, revient à se fixer un idéal (chose que rejette tout bon philosophe matérialiste) impossible à atteindre… L’auteur en dit lui-même quelques mots en guise de conclusion : sa théorie ne doit pas être prise comme une fin en soi (au risque de tomber dans l’idéalisme), mais plutôt comme un but que l’on doit poursuivre tout en sachant qu’on ne l’atteindra jamais. Je vais peut-être jouer les difficiles, mais je trouve qu’une bonne philosophie ne doit pas être dès le départ vouée à l’échec, ou en tout cas, nous ne devrions nullement nous en contenter : profiter de l’instant présent est une belle invitation au bonheur, mais c’est ce que j’appellerais « une philosophie des moments heureux », car allez dire cela à quelqu’un à qui il n’arrive que des malheurs depuis quelques temps… De plus, je vois mal comment on peut aimer (ou ne serait-ce que tenter d’aimer) l’instant où l’on vient d’apprendre la disparition de quelqu’un qui nous était cher… Les moments malheureux font tout autant partie de la vie que les heureux, je serais même tenté de dire que sans eux, ces derniers n’existeraient même pas ; aussi, tenter de les supprimer en les ignorant ou en tentant de les « aimer » n’est pas – selon moi, une bonne stratégie du bonheur (d’autant plus que c’est impossible) : il ne s’agit donc là – toujours selon moi, que d’une théorie très alléchante, mais insuffisante au bonheur : il ne faut pas s’en contenter mais plutôt continuer à chercher.

Histoire de ne pas terminer cette chronique sur une note négative quant à l’ouvrage en question, je tenais à dire que le livre m’a réellement intéressé, et que j’ai trouvé qu’il est très facile à lire même pour quelqu’un qui n’aime pas forcément la philosophie, et, le moins que l’on puisse dire, c’est que dans ce domaine, c’est une sacrée qualité.
Si vous voulez d’ailleurs vous en faire une idée, vous en trouverez un extrait sur le site de Philipo.

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20 septembre 2006

Cible du jour : Nicolas Sarkozy (encore !)

Bon, autant le dire tout de suite, l’actualité de cette chronique risque de ne pas être très fraîche… Il faut dire qu’avec mon emploi du temps de ces dernières semaines, je n’ai pas beaucoup eu le temps d’aller chercher des infos sur le net – vous remarquerez qu’il s’agit du premier post politique depuis mes vacances. Cependant, comme j’avais déjà parlé de ce sujet, je me devais d’en écrire la suite (la fin ?).

En effet, devant la pression grandissante de la communauté homosexuelle qui réclame les mêmes droits pour leurs couples que ceux des hétérosexuels, et au vu des pays de plus en plus nombreux à le leur accorder ; Nicolas Sarkozy avait décidé en juin dernier de confier à son ancien ministre de l’Education et philosophe Luc Ferry une mission de réflexion et de propositions sur la question du mariage et de l'adoption pour les couples homosexuels.
J’ai appris non sans déception que ce dernier a récemment interrompu cette mission, il faut dire qu’il est difficile de dialoguer avec les différentes associations lorsque le président de l’UMP annonce publiquement que « le modèle qui est le nôtre doit rester celui d'une famille hétérosexuelle : les enfants ont besoin d'un père et d'une mère »… Il faudra d’ailleurs au passage qu’il m’explique en quoi un enfant adopté par un parent (homosexuel ou hétérosexuel) célibataire – puisque la loi à l’heure actuelle l’autorise, aura droit à un meilleur modèle.
Je ne trouve qu’une explication à ce changement soudain de position – car il ne peut s’agir selon moi que de cela : lorsque l’on annonce que « le PACS semble aujourd'hui ne plus répondre aux aspirations d'une partie de nos concitoyens qui souhaiteraient voir s'atténuer et même disparaître les différences qui perdurent entre couples hétérosexuels et homosexuels […] Certains couples homosexuels voudraient être reconnus comme les couples hétérosexuels et élever des enfants », tout en demandant à un philosophe renommé de se pencher sur la question, ce n’est pas pour appuyer une position conservatrice ; c’est que M. Sarkozy n’a pas pu tenir face aux pressions de la frange conservatrice de son parti… Belle preuve de témérité. 

Cependant, fidèle à lui-même, Nicolas Sarkozy (espérant satisfaire toutes les parties en trouvant une solution « ni pour, ni contre ») propose en parallèle un "Contrat d’union civile" - spécifique aux homosexuels, et n’ouvrant aucun droit quant à la parentalité… Autant dire qu’il a encore tout compris !
J’ai parfois du mal à saisir comment un homme politique qui propose des solutions pareilles après avoir fait semblant d’avoir compris que les homosexuels ne demandaient rien de plus que d’être traités comme des citoyens égaux aux hétérosexuels peut avoir une telle côte de popularité… D’autant plus que le fait de proposer un « PACS amélioré » ne doit pas non plus convenir aux conservateurs.
Finalement, la seule chose sur laquelle le ministre de l’Intérieur est plutôt ancré (pour le moment), c’est le service civil obligatoire : il a peut-être pensé que c’était cette partie du programme du PS qui avait séduit les jeunes, allez savoir.
Toujours est-il que son éternel rival Dominique de Villepin a profité de l’occasion pour émettre des réserves à ce sujet, et même affirmer qu’il ne pensait pas que c’était ce dont avaient envie les jeunes. Mince ! C’est le Premier ministre qui vient à notre secours maintenant ! Pourtant, en matière de jeunes, on ne peut pas dire qu’il sache vraiment ce dont ils ont besoins (ai-je besoin de donner un exemple ?;-))…
Bref, le programme de l’UMP n’étant pas arrêté, l’Inter-LGBT (Interassociative lesbienne, gaie, bi et trans.) demande toujours à rencontrer Nicolas Sarkozy, espérant qu’il saura trouver le courage d’accepter le dialogue. 

Navré, M. Sarkozy, mais vous êtes ma cible du jour, car ce n’est pas en proposant des lois qui ne font que faire stagner la situation actuelle de la France que vous arriverez à réaliser le profond changement que vous nous aviez promis, et ne me dites pas qu’il va falloir pour cela attendre que vous soyez élu, car je vous répondrai qu’il vaudrait mieux que vous accomplissiez votre tâche au sein du gouvernement avant d’envisager le diriger…

Posté par Bastogi à 07:37 - Cibles du jour - Commentaires [5] - Rétroliens [0] - Permalien [#]



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