19 mai 2006
La tragédie du président – Franz-Olivier Giesbert (Flammarion)
Scènes de la vie politique 1986-2006
Franz-Olivier Giesbert, directeur de "Le Point" et "ex" journaliste proche de Jacques Chirac, vient avec ce livre tailler un costard à notre président de la République. Afin de se donner bonne conscience d'avoir (plus ou moins) trahi M. Chirac, M. Giesbert met la faute sur le dos de son métier : « on ne se méfie jamais des journalistes » commence-t-il à dire dans son introduction, avant d'ajouter « telle est sa grandeur et sa misère »... Bref, les problèmes de conscience de l'auteur ne nous intéressent pas outre mesure.
Au travers de soixante-neuf chapitres d'environ six pages chacun, Franz-Olivier Giesbert nous décrit la vie politique (voire privée) de Jacques Chirac : son premier affront avec la rue en 1986 alors qu’il était premier ministre de François Mitterrand ; son échec aux élections présidentielles de 1988 ; son choix de mettre Edouard Balladur Premier ministre lors de la seconde cohabitation avec M. Mitterrand ; la trahison de M. Balladur ; sa campagne victorieuse de 1995 ; la dissolution de l’assemblée en 1997 ; sa longue cohabitation avec Lionel Jospin ; sa réélection de 2002 ; le gouvernement de Jean-Pierre Raffarin ; le référendum de la Constitution européenne ; le gouvernement de Dominique de Villepin ; et jusqu’à la crise des banlieues, j’en passe, et des meilleures.
Bref, un bon petit livre, très facile à lire (les
phrases sont courtes ; M. Giesbert ne s’attarde pas sur les détails, ce
qui nous évite de nous ennuyer dans de longs paragraphes sans fin…),
qui résume bien l’histoire de la politique en France, permettant ainsi
d’en apprendre un peu plus ou de se remémorer les divers évènements qui
se sont succédés ces vingt dernières années ; prenant quelque fois même
un caractère prophétique, notamment sur l’affaire Clearstream, ou bien sur les comptes du président au Japon…
Cependant,
son principal défaut repose sur sa plus grande qualité : facile à lire.
Les évènements se succèdent à vive allure, peut-être trop ; j’aurais
préféré que le livre fasse deux cent pages de plus et s’attarde sur
certains passages afin de les approfondir un peu plus. Dommage.
De
plus l’auteur est loin d’être objectif, et nous expose sa théorie (de
droite) tout au long du livre : cela risque d’en irriter plus d’un.
Ainsi, si Jacques Chirac est la principale cible, il n’en est pas la
seule : (parmis bien d'autres) François Mitterrand (dont il estime que
M. Chirac en est le « grand continuateur »), Lionel Jospin, même les
syndicats en prennent pour leur grade !
Le summum de la mauvaise foi est atteint lorsque Franz-Olivier Giesbert parle
de Nicolas Sarkozy, qu’il défend comme s’il s’agissait de son fils. On
est très loin de l’objectivité qu’est sensé avoir un journaliste… Il
déclarera ainsi que M. Sarkozy est « Un ministre populaire, qui fait ce
qu’il dit et dit ce qu’il fait », or, on a déjà vu que c’est loin d’être la vérité.
Mais peut-être qu’il y a dans le gouvernement un autre Nicolas Sarkozy
dont personne n’aurait jamais entendu parler, et qui, lui, aurait un
bon fond ?
26 avril 2006
Le livre noir des serial killers – Stéphane Bourgoin (Grasset)
Attention ! Ames sensibles s’abstenir – Vraiment !
Stéphane Bourgoin, spécialiste mondialement reconnu des tueurs en série, vient avec ce livre nous exposer les histoires de sept (huit en réalité) tueurs en série qui ont agi en Allemagne et (surtout) aux Etats-Unis d’Amérique :
- Peter Kürten (le Vampire de Düsseldorf) ;
- Albert DeSalvo (l’Etrangleur de Boston) ;
- Arthur Shawcross (le Monstre de Rochester) ;
- Jeffrey Dahmer ( le Cannibale de Milwaukee) ;
- Henry Lee Lucas et Ottis Toole ;
- Edmund Emil Kemper ;
- Gary Ridgway.
Au travers de confessions des tueurs, l’auteur nous apprend leurs méthodes, leurs souffrances (!), ainsi que leurs motivations : à 99% (pour ne pas dire 100%) sexuelles…
On est loin de ce qu’on peut voir dans certains films.
Révoltant !
Révoltant de voir à quel point certaines personnes peuvent être atteintes mentalement - un point où seule la cruauté peut leur apporter satisfaction, un point où il ne se rende même pas compte de la souffrance qu’ils font subir à leurs victimes (il ne se doute que c’est « mal » uniquement parce que la police les recherche) ; et surtout révoltant de voir les failles des systèmes judiciaires : on voit les tueurs (intelligents pour la plupart) échapper à la police et/ou utiliser diverses défenses afin d’être relâchés (avant, bien sûr, de récidiver).
On ne peut même pas se réconforter dans le fait que la justice américaine soit mal faite, puisque presque partout dans le Monde un Homme qui est déclaré non conscient au moment de ses actes ne peut pas aller en prison (mais en hôpital psychiatrique)!
Les plus :
- Les confessions franches (et horribles) de Peter Kürten, d’Albert DeSalvo, de Jeffrey Dahmer et d’Edmund Emil Kemper (les amateurs de sensations fortes seront servis) ;
- L’arrestation et la description de l’appartement de Jeffrey Dahmer (on se croirait dans « Massacre à la tronçonneuse ») ;
- Les « tête-à-tête » entre l’auteur et les tueurs (notamment avec Edmund Emil Kemper, qui a menacé un agent du FBI juste avant).
Les moins :
- Les (diverses) confessions d’Arthur Shawcross, menteur qui cherche à berner la justice sur son cas (on ne peut donc pas se fier à ce qu’il raconte, et l’intérêt de l’histoire s’en trouve amoindri) ;
- L’histoire de Gary Ridgway, qui vient s’ajouter aux autres pour cette nouvelle édition, est un peu bâclée (j’en ai moins appris que ce que j’avais déjà vu dans un reportage télévisé – notamment son procès et les conditions de sa condamnation).
Si vous avez des questions ou des impressions à faire partager, n’hésitez pas !
